C’est en rangeant une cave que cette étonnante carte d’identité des FFI a récemment revu le jour. Que signifie ce petit bout de papier ? A quoi sert-il et surtout, que prouve t-il ? C’est sans doute dans l’objectif de répondre à ces nombreuses questions que Patrick nous a envoyé ce document, appartenant par le passé à son grand-père, Charles Fernbach.

Du nouveau concernant les recherches sur Charles Fernbach !

L'origine des F.F.I

Le 1er février 1944 et sur ordre du général Charles de Gaulle, le Comité de libération nationale regroupe sous le nom de F.F.I (Forces Françaises de l’Intérieur), l’ensemble des mouvements de résistance qui combattent l’occupant Allemand sur le sol Français. Les principaux groupes concernés sont l’Armée Secrète (AS), l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) et plusieurs autres mouvements de maquis locaux. Ainsi, le 8 juin 1944, le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française) succède au CFNL (Comité Français de Libération Nationale) et outre le fait de considérer le Gouvernement de Vichy comme illégitime, il officialise le 28 août, l’incorporation des FFI dans l’armée régulière Française. Au final, une ordonnance est prise afin de structurer le réseau et une autre, plus tard, afin de permettre l’accès au statut de résistant via des cartes officielles distribuées aux combattants.  

Reconnaissance des F.F.I

Article premier

Les Forces françaises de l’intérieur, « F.F.I. », sont constituées par l’ensemble des unités combattantes ou de leurs services qui prennent part à la lutte contre l’ennemi sur le territoire métropolitain, dont l’organisation est reconnue par le Gouvernement, et qui servent sous les ordres de chefs reconnus par lui comme responsables.
Ces forces armées font partie intégrante de l’armée française et bénéficient de tous les droits et avantages reconnus aux militaires par les lois en vigueur. Elles répondent aux conditions générales fixées par le règlement annexé à la convention de La Haye du 18 octobre 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre.

Article deux

Au fur et à mesure de la libération du territoire, la qualité de membre des FFI est constatée par l’autorité déléguée à cet effet.

Accès au statut de résistant

L’accès aux statuts de résistant (carte du combattant au titre de la Résistance et carte de combattant volontaire de la Résistance) a été ouvert dès la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Indépendamment des forclusions temporaires qui ont été opposées à plusieurs reprises aux seuls postulants au titre de combattant volontaire de la Résistance, les conditions d’accès à ces statuts n’ont pas été modifiées depuis l’origine.
Il appartient aux personnes se réclamant de services de Résistance de fournir les certificats d’appartenance aux F.F.C., aux F.F.I., à la R.I.F. ou aux F.F.L. délivrés par l’autorité militaire. A défaut de services homologués, les résistants qui ont servi au sein des F.F.I., des F.F.C. ou de la R.I.F. doivent produire les témoignages de deux personnes notoirement connues de la Résistance, qui ont servi dans les mêmes unités et au cours des mêmes périodes que celles dont se réclame le demandeur. La notoriété des témoins est établie par la détention du titre pour lequel ils témoignent (C.V.R. ou combattant au titre de la Résistance) et par l’homologation de leurs services par l’autorité militaire.

La carte FFI de Charles Fernbach

Pour ce qui concerne du grand-père de Patrick, cette carte d’identité pourrait être une preuve de son rattachement aux Forces Françaises de l’Intérieure. Est-elle l’équivalent d’une carte du combattant ? (Si vous avez des informations, nous sommes preneurs) En effet et comme le stipule l’ordonnance ci-dessus, l’accès à ce type de document est réglementé. Il est le résultat d’actions réalisées reconnues et prouvées par le commandement des F.F.I.

Au final, la carte de Charles Fernbach (numéro 2502) nous apporte deux informations essentielles. La première, c’est qu’il est rattaché aux FFI du Bas-Rhin dans le secteur de Saverne dont il est lui-même domicilié. Ce secteur en question, est dirigé par le Capitaine Francis Wolff (lui même sous les ordres du Commandant François Kiefer). C’est bien sa signature, accompagnée du tampon officiel qui apparaît au bas à droite de cette carte.

Enfin, ce document est daté du 6 février 1945, soit quelques jours avant la dissolution des FFI du Bas-Rhin. Ou cette carte a été faite à la demande du résistant Fernbach, ou bien à l’initiative de son Capitaine, Francis Wolff. Les deux options sont possibles, il est cependant difficile d’en savoir plus… En revanche, ce qui est certain, c’est que cette carte d’identité lui permet désormais une reconnaissance officielle et surtout, un droit d’accès aux pensions militaires.

On ne peut malheureusement pas connaître la date à laquelle il est entré dans la résistance mais nous avons cependant regroupé plusieurs informations sur les FFI du Bas-Rhin.

carte identité FFI F.F.I

Les F.F.I du Bas-Rhin

Georges Kiefer, qui est déjà engagé dans la résistance, principalement dans l’aide à l’évasion de prisonniers, prend la tête des FFI du Bas-Rhin en mars 1944. Son espace, est découpé en 12 secteurs qui en sont les suivants : Barr, Benfeld, Haguenau, Illkirch-Graffenstaden, Molsheim, Viedebronn-les-Bains, Obernai, Sélestat, Wissembourg, Strasbourg Ville, Strasbourg Campagne et donc Saverne.

Les effectifs sont principalement constitués d’hommes. Il est a noter la présence de nombreux vétérans de la première guerre ainsi que des évadés de Front de l’Est de la Wehrmacht. Cet ensemble est donc déjà bien formé aux armes à feu mais qui malheureusement, manquent cruellement !

Suite à deux réunions organisées en juin et juillet 1944 dont Kiefer et Wolff participent, il est décidé des missions suivantes pour les FFI du Bas-Rhin. La première est d’aider les force alliées à libérer le territoire. La deuxième consiste à assurer le maintien de l’ordre et à veiller à la transition jusqu’à la remise en place d’organismes de la République Française.

Le 23 novembre 1944, la Deuxième Division Blindée du Général Leclerc effectue une percée dans les Vosges. Les FFI servent de guides et permettent le contournement de barrages ennemis et de foncer sur Strasbourg. Plus tard et après libération de la ville, ils participent à de nombreuses et sanglantes opérations de nettoyage contre des points encore tenus par les Allemands. Ils résistent également à de multiples contre-attaques. Il est fort probable que Charles Fernbach était l’un d’eux. Certains seront fait prisonniers puis exécutés. D’autres y laisseront leur vie au combat.

La dissolution des FFI du Bas-Rhin est actée le 9 février 1945. Au total, 57 combattants sont morts, 250 sont blessés dont une cinquantaine très gravement. Par la suite, de nombreux hommes rejoignent l’armée régulière ou s’engagent dans le bataillon des volontaires du Rhin.

Pour en savoir plus sur Charles Fernbach

Né le 26 juin 1906 à Hochfelden (commune située à environ 30 km de Strasbourg), Charles Fernbach était un passionné de chevaux. Il a fait son service national dans les dragons (militaires se déplaçant à cheval mais combattant à pied). Après la guerre, il déménage dans le Haut-Rhin pour travailler aux mines de potasse comme jardinier. Il s’occupe alors des espaces verts et jardins des ingénieurs. Il en profite pour voler des légumes qu’il avait lui même semé afin de les donner aux plus démunis.

Si vous avez des informations à propos de ce type de carte, de ce résistant ou encore d’actes de résistance dans le secteur de Saverne pouvant aider Patrick à reconstituer la passé de son grand-père. Merci de nous contacter.

Comme Patrick, vous avez également la possibilité de nous envoyer vos contributions ! Pour en savoir plus, cliquez sur le bouton ci-dessous.

Visiter le WN 60 d’Omaha Beach

Visiter le WN 60 d’Omaha Beach

Le WN 60 d'Omaha Beach (Widerstandnest 60) est l'une des quinze fortifications (numérotées de WN 60 à WN 74) construite par les Allemands pour défendre la plage dans le secteur de Colleville. Constitué d'une quarantaine d'hommes le 6 juin 1944, il est équipé d'un...

lire plus
Hitler et l’attaque de la Pologne

Hitler et l’attaque de la Pologne

Hitler et l'attaque de la PologneLe vendredi 1er septembre, peu avant 10h00, Hitler se rend au Reichstag pour prononcer un discours sur les raisons de l'attaque allemande, survenue le jour-même contre la Pologne à 4h45. Le Führer explique que son armée ne fait que...

lire plus

Pin It on Pinterest

Share This