Cet article est dédié à ceux qui ont souffert de la Seconde Guerre mondiale à Dijon et partout ailleurs dans le monde, à ceux qui ont donné leur vie, à mes arrières grands-parents, acteurs courageux mais contraints de la mobilisation, de l’occupation et enfin de la libération de cette sombre période, à mes grands-parents pour leurs importants et poignants témoignages.

Pour ne pas oublier…

       

Une petite mise (ou plutôt remise) en situation s’impose. Comment se projeter au cours de cette période sans savoir à quoi ressemble la ville de Dijon à l’aube de cette Seconde Guerre Mondiale ?

En 1939, comme depuis déjà de nombreuses années, Dijon est un véritable carrefour du pays. Traversée par les grandes lignes ferrées de Paris à Lyon jusqu’à la Méditerranée, la ville est aussi un point d’embranchement pour rejoindre le réseau de l’est de la France via la ligne de Is-Sur-Tille (passant par Besançon et Belfort pour rejoindre l’Alsace) mais aussi la Suisse et l’Italie.

Le chef-lieu du département de la Côte d’Or est aussi la tête de ligne de nombreuses compagnies d’autocars interurbains. Un grand nombre de bus partent du centre-ville pour rejoindre les villes de Chalon-sur-Saône, Montceau-les-Mines, Lons-le-Saunier ou Avallon. Mais encore Châtillon-sur-Seine, Chaumont, Pontailler-sur-Saône, Louhans, Champlitte et encore de nombreuses autres communes. Vous voulez aller quelque part ? Venez à Dijon ! Oui, car Dijon est en relation directe et rapide (pour l’époque) avec toutes les gares frontières de la France. Ainsi, on peut aller à Paris en quatre heures, à Genève en sept heures, seulement huit pour Bâle ou Strasbourg et à peine vingt-cinq heures pour rejoindre la ville ensoleillée de Rome !

Guide de Dijon 1937

Depuis la guerre de 1870, la population dijonnaise augmente sans cesse, passant de 30 000 âmes à près de 100 000 au dernier recensement de 1936 (96 277 pour être excate). Ce chiffre ne comprend que la population de la ville et des faubourgs. En outre, 43 communes rurales dépendant des quatre cantons de Dijon représentent environ 18 000 habitants. Longvic possède 1800 habitants, Chenôve environ 2500. Talant, Fontaine, St-Apollinaire ou encore Quetigny ne sont que de petits villages isolés. A cette période, Dijon est entièrement entourée de verdure, de jardins, vignes et vergers, de parcelles agricoles appartenant encore aux 25 agriculteurs de la ville. Son développement s’est accentué sur tout son périmètre. Des lignes d’autobus ou de tramways électriques (qui comporte six lignes utilisées pour le transport de voyageurs mais aussi de marchandises) la parcourent d’un bout à l’autre. Au sud vers Longvic et Gevrey-Chambertin ; au nord-ouest vers Fontaine et Talant ; à l’est vers Saint-Apollinaire et au nord vers Asnières.

Habitants

Rues

Places

Boulevards

Avenues

Guide de Dijon 1937

Le chef-lieu judiciaire du département possède une Cour d’appel, une prison départementale, une Chambre de commerce et une Bourse avec marché de laines, cuirs et peaux. Egalement un important abattoir avec son marché au bestiaux mais aussi de nombreuses écoles, facultés et académies, plusieurs musées, un hospice, trois maisons de retraite, et un tout moderne Parc des sports.

Dijon, siège de la 8ème Région Militaire est pourvu d’un arsenal et de sept casernes qui en sont les suivantes : Junot, aujourd’hui remplacée par des logements et Heudelet qui abrite désormais les bureaux du Grand Dijon, toutes deux situées sur l’avenue du Drapeau. On retrouve également un peu plus loin sur cette même artère la caserne Vaillant, la seule qui existe encore de nos jours. La caserne Krien, située sur le boulevard de la Marne, aujourd’hui détruite et remplacée par le Palais des Expositions et enfin Dampierre, Dufour et Delaborde.

On peut considérer la place d’Armes (aujourd’hui place de la Libération) comme le centre convenu de la ville. Sur ce point central, on retrouve notamment la prestigieuse librairie Venot et les très réputés restaurant le Pré au Clerc et Racouchot. Au total et en très grande partie faits de pavés, ce sont 546 rues, 25 boulevards, 18 avenues et 36 places qui dessinent la ville de Dijon. Cette dernière est déjà réputée pour sa gastronomie, en particulier grâce à ses spécialités et ses nombreuses fabriques de moutardes (Amora devient en 1939 numéro un national sur son marché), de pain d’épices, de cassis, et élevages d’escargots agrémentés des vins des côtes de Nuits et de Beaune.

Bien que Terrot et Pelotat emploient à elles deux environ 3000 ouvriers, Dijon est avant tout une ville commerciale, plus qu’industrielle. Ainsi, en plus des Halles, d’autres marchés se tiennent respectivement à Darcy, Wilson, Théâtre et Grangier. De nombreux commerces en tous genres animent le centre, telle que les Magasins Modernes (aujourd’hui Galeries Lafayette), les pharmacies Bruant et du Miroir, les magasins Pauvre Diable (aujourd’hui H&M) où l’on peut acheter décorations, tissus, mobiliers et de nombreuses autres choses. Sur cette même rue de la Liberté, au numéro 76 est installé Maurice Bomann, maître fourreur, au 32, la maison Grey-Poupon qui commercialise sa moutarde au détail alors qu’un peu plus loin , au 10 rue Bossuet, il est déjà possible de s’habiller chez Devred.

 

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Le plan de Dijon avant la Seconde Guerre Mondiale

Le vendredi 1er septembre 1939, l’Allemagne envahi la Pologne. L’opération est baptisée « Fall Gelb » (Plan jaune). Les troupes Allemandes attaquent la Pologne, sans déclaration de guerre.

A Dijon, comme partout en France, les dijonnais découvrent en ce samedi 2 septembre, l’affiche aux drapeaux tricolores entrecroisés. Elle signale que la mobilisation, décrétée la veille par le gouvernement d’Édouard Daladier, est effective depuis zéro heure. Que lit-on sur les visages des citadins groupés devant cette affiche ? Ni enthousiasme ni abattement. L’incrédulité est sans doute le sentiment le plus largement répandu. Les plus âgés se souviennent de la Grande Guerre, ceux qui constitueront bientôt le gros des troupes grommellent sans encore bien réaliser. La machine administrative se met alors en marche et les détenteurs de fascicules de mobilisation 1, 2 et 3, les rappelés, les réservistes, officiers, sous-officiers et hommes de troupes se pressent vers les centres mobilisateurs. Au total, 2 700 000 hommes se retrouvent aux armées, 2 300 000 autres restant en réserve en arrière du front, soit environ un huitième de la population active qui est ainsi mobilisée. Ces hommes convergent donc vers les gares, sans enthousiasme ni défaitisme, mais dans une confusion relative due à l’ampleur de la mobilisation.

Tout s’accélère brutalement. Le 3 septembre, à 11h00, l’Angleterre est officiellement entrée en guerre contre l’Allemagne tout comme la France, un peu plus tard dans la journée vers 17h00. Rapidement, des consignes sont diffusées à la population dijonnaise.

Affiche de l'ordre de mobilisation générale
Arrêté municipal signé par le député-maire de Dijon, Robert Jardillier

La crainte de bombardements aériens Allemands se fait ressentir, la ville s’organise et se métamorphose.
Par l’intermédiaire de la municipalité de Dijon, le préfet de Côte d’Or, CH. Chevreux, demande, comme partout en France la mise en place de la défense passive. Les premiers arrêtés, publiés par le député-maire de l’époque, Robert Jardillier, tombent dans la foulée.

Ainsi, toute lumière artificielle de la ville est camouflée. Certains commerçants recouvrent leurs vitrines de bandes de papier gommé, une partie des réverbères de la ville ne sont plus allumés la nuit. Les caves pouvant servir d’abris sont contrôlées puis signalées sur la voie publique On y installe des provisions, des couvertures et des lampes électriques afin de pouvoir y rester si besoin plusieurs jours. Tout cela, sous le contrôle du chef d’abri. Au fur et à mesure des heures, les monuments se recouvrent de sacs de sable. L’église Saint-Michel est « murée » sur environ six mètres de haut par une palissade où s’empilent des tonnes de sable. Chacun y va de son action personnelle pour l’ensemble de la collectivité. Ainsi, des dijonnais vont même jusqu’à camoufler leurs fenêtres le soir. La nuit, Dijon est plongé dans un noir quasi complet.

Les souvenirs encore présents du gaz moutarde utilisé durant le dernier conflit de 14-18 hante encore les esprits. Durant les jours suivants, les distributions de masques à gaz et des exercices ont lieu. Les habitants ont obligation, par ordre du gouvernement, de le garder à portée de main. Dans certaines écoles, les élèves ne sont même pas reçus s’ils ne sont pas en possession de ce dernier. Au même moment, les consignes sont placardées sur les murs de Dijon. « Ne courrez pas avec votre masque. Pour sortir d’un nuage toxique, marchez dans le sens contraire au vent. Respirez calmement »

A Dijon, la tension est palpable. Les citoyens vivent continuellement dans la crainte d’une attaque. Dans les rues, au marché, au travail où à l’école, les dijonnais portent en bandoulière cette espèce de géante boite de conserve qui renferme le fameux sésame. Elle est esthétiquement laide mais ô combien vitale. Les journées puis les semaines passent et rien à l’horizon, pas une attaque mais combien de fausses alertes ? A n’importe quel moment de la journée, la sirène prévient la population d’un danger imminent. Ainsi, tous arrêtent les activités en cours et se faufilent dans les abris dédiés. Seuls les écoliers semblent apprécier ce moment où le programme de l’instituteur est soudainement perturbé. A Dijon, ce sont les caves, humides et sombres aux murs dégoutants. Ils sont parfois obligés de rester plusieurs heures avant que la deuxième sirène ne retentisse et que le chef d’abri en autorise la sortie. C’est la « drôle de guerre ». 

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L’effort de guerre doit être total. L’usine TERROT, qui fabrique les motos françaises les plus vendues, se voit réquisitionnée par les services militaires. Elle ne doit maintenant plus que fabriquer des Sidecars qui seront directement livrés aux armées françaises. Plus de 300 mobilisés arrivent en renfort.

Tous les secteurs de toutes activités sont touchés par la mobilisation et par les réquisitions de l’armée. Les Dijonnais payent le prix de la guerre.

Depuis son cabinet, Jardillier ouvre l’une des nombreuses lettres qu’il reçoit de ses concitoyens. C’est une lettre de détresse, Louis Bize est démuni. Son fils de 15 mois, atteint d’une paralysie du bras droit depuis la naissance, ne peut plus suivre son traitement électrique. Mobilisé par l’armée, son médecin n’est plus en droit de s’occuper du jeune garçon. La mobilisation des médecins pour la guerre entraîne de fortes pénuries de soins à la population civile. Sur les 100 médecins généralistes que compte la ville de Dijon, 19 seulement restent à la disposition de la population civile pour environ 100 000 habitants.

 

Ce n’est pas la première lettre traitant de ce sujet alarmant qu’il reçoit, le maire s’adresse donc directement au préfet de Côte d’Or. Plus tard et après constatation des l’inutilité actuelle de nombreux médecins, CH. Chevreux fait appel à la libération temporaire de certains pratiquants. Mais rien de change vraiment. Ainsi à Dijon et à titre d’exemple, il n’y a que plus deux médecins pour les accouchements, un seul chirurgien et à nouveau un seul pour les maladies du cœur et des vaisseaux. Au début de l’année 1940, il reçoit le 27 février un nouveau rapport du brigadier Vigoureux lui informant qu’il avait, en vain, tenté de trouver un médecin disponible pour une petite fille dont la fièvre est montée à 41°C durant la nuit. Le peu de médecins présents, submergés sous les demandes des dijonnais, ne veulent plus être dérangés.

Tôt dans la matinée du 10 mai 1940, dans les environs de 5h30, la Wehrmacht attaque et entre en Hollande, en Belgique et au Luxembourg. L’aviation allemande attaque également le nord de la France par plusieurs bombardements. Les points visés sont stratégiques, il s’agit principalement de routes, de moyens de communication et de bases et aérodromes militaires.

Ce jour-là à Dijon, c’est la base aérienne de Dijon-Longvic qui est visée. Une première fois à 6h00 puis à 15h00. Le ciel Dijonnais est également témoin de plusieurs combats aériens.
Le 11 mai, la ligne fortifiée du canal Albert, en Belgique est enfoncée par les Allemands. Trois bombardiers de la 8ème escadrille de la 51ème escadre doivent bombarder la gare de Dijon, mais les pilotes se perdent dans le brouillard. L’opération est un échec.
Les Allemands entre officiellement dans Sedan le 13 mai. La base aérienne de Dijon-Longvic est une nouvelle fois bombardée. Au total, plusieurs hangars et 12 avions français sont détruits au sol.
A partir du 14 mai, la municipalité de Dijon annonce la fermeture jusqu’à nouvel ordre des bals, dancings et tout autres évènements et lieux de ce type. Le lendemain, les ennemis occupent Bruxelles.

Nommé commandant par intérim de la 4ème division cuirassée, cinq jours plus tôt, De Gaulle tente une contre-attaque le 16 mais ne peut stopper l’offensive allemande sur l’Oise qui sera franchie dès le lendemain.
A Dijon, dans son édition du 20 mai, le Bien Public, confiant, titre « La France et ses Alliés triompheront, c’est certain ! ».
Le 23 mai, les armées du nord sont coupées en deux, le 24, les troupes Britanniques se retirent, les Belges doivent maintenant se battre seul.
A Dunkerque, les Anglais lancent l’opération « Dynamo » qui consiste à rembarquer le corps expéditionnaire britannique ainsi que des soldats Belges et Français.
Le 28 sonne la reddition de l’armée Belge, complétement dépassée.
Le 31 mai, Lille tombe officiellement aux mains des Allemands.
Pendant ce temps à Dijon et en Bourgogne, on fait le point sur les dégâts causés par les bombardements allemands.

Depuis plusieurs jours déjà, Dijon est traversée par de nombreuses vagues grandissantes de réfugiés. Ils viennent principalement d’Alsace, de Moselle mais aussi du Luxembourg et de Belgique. Plus inquiétant encore, il ne s’agit pas uniquement de civiles mais également de militaires français. C’est la débâcle.

Le vendredi 14 juin 1940, alors qu’on apprend que les Allemands sont à un ou deux jours de la ville, Jardillier et Chevreux envisagent de déclarer Dijon « ville ouverte ». L’objectif étant d’en éviter sa destruction ainsi qu’un nombre incalculable de victimes. Mais cette décision en revient à l’autorité militaire, qui refuse. Cette dernière est pour le moment convaincue que les combats n’éclateront pas au coeur de la cité puisque le Général Pagezy  a établi une ligne de défense de long du Canal de Bourgogne. Il est pour le moment convaincu de pouvoir repousser les ennemis. En réalité, il se voit attribuer des unités qui n’existent pas (ou plus). Celles qui sont présentes sont équipées de façon très rudimentaire. Certains soldats n’ont que huit munitions et d’autres doivent se battre avec des obus de la Première Guerre mondiale, un bois donc.

A Dijon, on estime que 20 à 30% de la population a déjà quitté la ville. Le Commissaire Centrale de la Police de Dijon, Lamberthos (lire son rapport), est prévenu que l’ordre d’évacuation totale de la ville peut arriver d’ici quelques heures. Lui et ses équipes doivent se tenir prêts. On lui informe également que la Police sera la dernière à quitter la ville, juste après les services municipaux. Le commissaire Lamberthos est resté une grosse partie de la nuit du 14 au 15 juin au commissariat. Plus tôt dans la journée, à 13h00 , on l’informe que les Allemands approchent à une allure rapidement inquiétante et qu’une occupation de la ville est à prévoir dans un très court délai. On lui demande par la suite et par mesure de sécurité de procéder au désarmement de la police dijonnaise. En fin d’après-midi, il est une nouvelle fois informé par la mairie que l’autorité militaire peut à tout moment ordonner l’évacuation de la ville. Mais durant cette longue nuit, le policier n’est témoin d’aucune attaque et ne reçoit finalement aucun ordre de l’armée. Il assiste seulement à de nouveaux et nombreux départs de civils et militaires, bagages aux mains.

Le 15 juin, Chatillon-Sur-Seine est traversé par plus de 3000 réfugiés et soldats par jour, l’exode s’intensifie dangereusement. Dans la matinée, la recette municipale de Dijon, en plus de la trésorerie générale et de la succursale de la Banque de France reçoivent l’ordre d’évacuer à Moulins. Les paiements du mois de juin des employés communaux de tous les services municipaux sont effectués à la hâte avant le départ des organismes.
Durant toute cette même journée, on s’inquiète fortement du nombre grandissant de fuyards militaires qui se répandent en ville et qui semment l’affolement en repandant des propos très alarmants.


En fin d’après-midi, on apprend que Chatillon-Sur-Seine vient d’être bombardée. Il y a plusieurs dizaines de morts et environ 200 maisons sont détruites. Il est à prévoir que Dijon sera très prochainement attaqué à son tour par l’artillerie et l’aviation ennemie. Ce dernier est à une trentaine de kilomètres, dans les environs de Sombernon. Il s’agit de la 4ème division blindée Allemande du Général Hoepner, forte de 12 000 hommes, 350 chars et 50 automitrailleuses.
Robert Jardillier s’entretien à plusieurs reprises avec la préfectures et principalement avec le Général Pagezy et insiste pour obtenir une décision sans tarder afin de profiter de la nuit à venir pour évacuer la ville. Mais il n’obtient rien. Le plan d’évacuation qui avait été prévu avec le plan de défense passive n’existait plus sur instructions transmises antérieurement par le bureau spécialisé de la préfecture. Du reste, les moyens d’évacuation qui avaient été provisoirement prévus ont été retirés par les autorités militaires au cours des dernières journées, pour sa propre évacuation.

A lire aussi :
Le rapport du Commissaire Lamberthos sur l’évacuation de Dijon

Il est maintenant 23h00 en ce 15 juin 1940, la nuit est entièrement tombée et les rues sont encore tristement animées par ces départs volontaires de la population. Lamberthos apprend alors la nouvelle transmise par le député-maire. Ce dernier prévoit des combats dans la ville, il ordonne donc d’annoncer au public que « par ordre de l’autorité militaire » l’évacuation totale de Dijon, dans un délai de trois heures, est prescrite. Mais la mission est réglementée. La police ne doit faire usage que de sifflets, tout en faisant du porte à porte afin d’actionner les sonnettes des maisons à l’aide de tous les agents disponibles en les répartissant dans tous les quartiers de la ville. A sa plus grande surprise, il comprend donc qu’il ne peut ni faire usage du haut-parleur de la police et encore moins des sirènes de la ville. Plus tard, le maire lui informera qu’il s’agit d’une demande du préfet afin de ne pas affoler la population. Cet ordre doit être respecté et il le sera.

Au milieu de la nuit, vers 01h00, le Général Pagezy informe la préfecture qu’il se replie dans l’Allier pour retrouver son état-major. Dijon est à présent seulement défendue par le commandant Polimann et sa brigade qui fixe son P.C à Chenôve. Le préfet CH. Chevreux informe qu’il se replie également sur le point de rassemblement fixé à Bligny-Sur-Ouche.

A 02h00, le Comissaire Centrale Lamberthos tourne dans les rues dijonnaises et constate que l’ordre d’évacuation est pris au sérieux par la population. Il sait cependant qu’un certain pourcentage sera encore là au levé du jour. L’évacuation n’est donc que partielle. La police n’était pas assez préparée à l’exécution d’une telle mission. Ce dernier quittera la ville un peu plus tard, accompagné du maire Jardillier, des services municipaux puis de la totalité des services de police. Ils arriveront tous à Bligny-Sur-Ouche vers 04h00 du matin.

TABLEAU DES SOURCES

Dijon, Carrefour de Guerre – Pierre Gounand

La libération de Dijon – Jean-François Bazin

Nous les enfants de la guerre 1939-1945 – Dominique Missika, Bénédicte Vergez-Chaignon

Archives municipales de Dijon

Archives départementales de la Côte d’Or

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