Les Allemands sont chez nous

Témoignage – Seconde guerre mondiale

« Sous le ciel de cet hiver 1941 – je le revois toujours bas et plombé – éclatent des couleurs agressives, insolites : le vilain jaune des panneaux indicateurs avec leurs lettres noires, le blanc, le rouge des guérites, le noir des grandes croix gammées qui flottent sur le lycée Anatole-Le-Braz et sur l’hôtel de France transformé en Kommandantur. Les bruits aussi heurtent les oreilles, sirènes des alertes, bourdonnement des avions anglais et parfois coups de feu dans les rues – « attentats terroristes, chuchote-t-on ».

Il faut s’habituer aux patrouilles militaires qui parcourent les villes tandis que les soldats s’installent dans les cafés du centre ou se promènent. Il n’est pas rare de les entendre chanter, marcher au pas ou défiler. Il y a aussi les concerts au kiosque à musique dans les parcs et les jardins au milieu des enfants qui sautent à la corde ou jouent à la marelle.

Apparaissent les premières affiches qui annoncent l’exécution des otages. On entend parler de la liste des interdits et des consignes qui s’allonge régulièrement, autant de mesures qui touchent aussi les enfants qui en sont les témoins. Il y a les relèves de garde qui impressionnent les gamins. Et dans de nombreuses régions, en particulier dans le Nord, l’obligation de loger des officiers ou des soldats bouleverse le quotidien, avec le bruit de leurs bottes sur le parquet. Des écoles sont réquisitionnées, et les cours ont lieu dans la mairie ou dans un gymnase, voire sous un préau ou une grange : tout le monde s’en plaint, maîtres et comme élèves.

En principe, les soldats allemands se comportent à peu près bien, comme l’affiche « Faites confiance au soldat allemand » le proclame. On y voit un soldat portant un petit enfant souriant, qui enfourne dans sa bouche une tartine ou un gros biscuit. En réalité, on s’accommode plus ou moins bien de leur présence, on en subit les désagréments, on descend du trottoir quand on les croise, on détourne le regard, ou on les ignore. On en a souvent peur. »

Extrait du livre : Nous les enfants de la guerre 1939 – 1945 – Dominique Missika et Bénédicte Vergez-Chaignon

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