Pourquoi Mussolini s’est tourné vers Hitler ?

Mussolini et Hitler

Contrairement à ce que l’on peut penser ou croire, Benito Mussolini n’a pas toujours été un allié de Hitler. Loin de là même. 

Bénéficiant d’un large soutient populaire et d’une grande admiration de la part des grandes puissances mondiales, sa politique s’oppose totalement à celle du régime nazi.

Pourtant, avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate, c’est auprès du dictateur Allemand que le Duce va se tourner.

 

Mussolini et la France

Mussolini est un grand admirateur de la France. Au début de la Première Guerre mondiale, il rejoint le camp des interventionnistes de gauche, favorables à une entrée en guerre de l’Italie aux côtés de Alliés.

Journaliste à succès, où il s’oppose régulièrement à l’Allemagne et à l’Autriche dans ses papiers, et démontre à plusieurs reprises son plus grand respect pour la France.

Afin de financer la campagne qu’il compte mener pour faire entrer l’Italie dans la guerre, il devient même un agent des services secrets britanniques.

En mai 1915, son pays entre officiellement en guerre aux côtés de ses deux Alliés. Il rejoint ainsi une unité d’élite pour combattre.

Après la guerre, et malgré le rôle déterminant de l’Italie dans la victoire, qui comptabilise à elle seule la défaite d’environ soixante divisions austro-hongroises, les Alliés Français, Britanniques et Américains ne restent que partiellement fidèles aux promesses territoriales d’après-guerre. Si l’Italie « récolte » le Trentin, l’Istrie et la Dalmatie, elle ne verra cependant jamais venir à elle la nouvelle Yougoslavie.

Mussolini prend le pouvoir en 1922. A Londres, il participe aux conversations sur les réparations allemandes. Comme toujours, et avec beaucoup de fermeté, il défend les positions de la France.

La politique sociale et économique de Mussolini

Depuis son arrivée au pouvoir, Mussolini bénéficie d’un large soutient de sa population et une très grande admiration des puissances mondiales.

Attaché à la vie et au sort de son peuple, il met en place de très nombreuses mesures pour élever son pays, qui deviendra très rapidement en avance sur son temps.

En plus de fortement développer l’aménagement des territoires, il fournit gracieusement de nombreux biens ménagers, des vêtements et de la nourriture. Au cours de l’hiver 1933-1934, il fait distribuer 3 770 quintaux de farines à son peuple, 435 de pain, 66 de pâtes, 60 de riz et plus de 850 000 rations populaires.

Le monde du travail est également bouleversé par ses initiatives. Ainsi, les journées de travail sont réduites à 8 heures et les semaines passent de 72 heures travaillées à 40 heures. Le travail de nuit devient interdit pour les jeunes garçons et jeunes filles de moins de 18 ans. De nouvelles dispositions sont prises pour améliorer l’hygiène et qualité de vie en entreprise. En plus de l’assurance contre les risques du travail, l’assurance chômage et maladie voient le jour. Aussi, les allocations familiales sont considérablement augmentées pour atteindre la somme de 20% des recettes des impôts.

La vie de la population s’améliore considérablement pour l’époque. En 1925, 10 000 groupes musicaux sont créés en plus des 2 500 théâtres, 3 500 bibliothèques, 10 000 clubs sportifs et des 750 centres d’enseignement gratuit pour les plus pauvres. Entre 1922 et 1930, Mussolini fait quadrupler le nombre de cliniques et hôpitaux dans son pays.

Le 30 décembre 1933, le célèbre Times fait l’éloge du dirigeant Italien. Pour cause, l’Italie comptait en 1921 environ 541 000 chômeurs. Deux ans plus tard, elle n’en déclare plus que 122 000. Sa cote de popularité atteint les sommets.

Mussolini et les relations internationales

Dès le mois de mars 1932, le Duce d’Italie condamne les théories nazies antisémites et racistes. Il déclare : « Je ne crois pas qu’on puisse apporter la preuve biologique qu’une race est plus ou moins pure, plus ou moins supérieure à une autre. » Face à la montée du nazisme en Allemagne, il ouvre les frontières de son pays pour accueillir les Juifs étrangers.

En juin 1933, il reçoit à Rome les ministres des Affaires étrangères de la France et du Royaume-Uni afin de créer une solide alliance contre l’Allemagne. Dans un même temps, il établit de solides rapports amicaux et commerciaux avec l’URSS et dès 1924, un traité de commerce est même signé entre les deux nations. A cette période déjà, Mussolini veut établir une alliance entre son pays, l’URSS, la France et le Royaume-Uni pour encercler l’Allemagne qu’il continue de craindre.

Pour mieux sonder les intentions du dictateur Allemand à l’égard de l’Autriche, il reçoit Hitler en juin 1934. Il en profite pour déclarer que ce même pays doit conserver son indépendance et sa totale liberté.

Mais le 25 juillet de la même année, les nazis assassinent le chancelier Autrichien Dollfuss, ami de Mussolini. En réaction, le dirigeant Italien mobilise son armée pour voler au secours de l’Autriche. Parallèlement, il compte sur le soutien de la France et du Royaume-Uni. Mais les deux démocraties ne réagissent pas et aucune alliance ne sera clairement définie. Cependant, l’action de l’armée Italienne suffit à faire reculer Hitler.

La guerre d’Ethiopie

Toujours à la recherche d’un rapprochement concret avec la France, il déclare, dans un discours daté du 6 octobre 1934, souhaiter une entente avec la France. Indirectement, il veut aussi s’assurer que son voisin restera neutre dans la guerre qu’il envisage de faire à l’Ethiopie.

Un peu plus tard et sa plus grande surprise, il apprend que le Royaume-Uni vient unilatéralement de signer un accord d’armement avec Hitler. Accord qui permet ainsi à l’Allemagne de se doter d’une force maritime relativement égale à celle des Britanniques.

L’Italie envahie l’Ethiopie sans déclaration de guerre au cours du mois d’octobre 1935. Aussitôt et via la Société des Nations, la France et le Royaume-Uni condamnent ouvertement et demandent des sanctions économiques. Bien entendu, Hitler se garde bien de voter ces dernières. Il va même par la suite fournir au Duce de l’acier, du charbon et des produits chimiques.

De son côté, Mussolini se dit dégoûté de voir les deux plus grandes puissances coloniales lui donner des leçons. Cependant, lorsque, le 7 mars 1936, l’Allemagne réoccupe la Rhénanie, il essaye une nouvelle fois d’agir autour de la France et du Royaume-Uni. Mais une fois de plus, il se retrouve seul. Léon Blum, récemment arrivé à la tête du gouvernement français, refuse toute offre Italienne.

Une nouvelle fois, Benito Mussolini est déçu. Et comme les temps ne font pas bon présage à rester isoler, il se tourne une bonne fois pour toute vers Hitler. Ainsi, l’Italie tombe dans le piège du nazisme et c’est bien la population qui va en subir les conséquences.

→ En lien avec cet article : le discours du 2 octobre 1935 de Mussolini

 

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