L’attentat du Düsseldorf

Fait encore trop méconnu de la Seconde guerre mondiale, l’attentat du Düsseldorf est l’un des premiers actes de résistance sous l’occupation allemande, en France.

Signée le 22 juin 1940, l’armistice entre les deux pays est entrée en vigueur, la France est divisée en deux territoires et l’occupation s’installe dans la partie nord du pays. Ainsi, l’armée allemande prend possession de Dieppe et l’activité militaire bat déjà son plein dans le port de la ville.

Nous sommes le 23 août 1940, alors que le remorqueur du capitaine belge, Joseph Godu, rebaptisé Düsseldorf par l’occupant, traverse le chenal du port, ce dernier explose avec 36 hommes de la Wehrmacht à son bord.

Le Düsseldorf : une histoire franco-belge

Joseph Godu est un jeune belge de 23 ans. Durant l’offensive ennemie, il perd son père lors d’un bombardement allemand. Réquisitionné, il fait la rencontre de Jean De Ruyck, un mécanicien français de 32 ans ayant le même statut que lui. Sûrement d’un refus de vivre sous l’occupation, les deux hommes décident de passer à l’action. 

Le 23 août, Joseph Godu déclare à la serveuse d’un café de Dieppe, où il a ses habitudes : « Aujourd’hui, c’est le grand jour ! ». Il abandonne sa casquette, ses papiers et sa monnaie, et ajoute :  » Je n’en ai plus besoin. Achetez des fleurs, vous irez les jeter dans le bassin tout à l’heure ».

Quelques minutes plus tard, une explosion retentie. Le jeune belge fait exploser son navire alors qu’il est lui-même à bord, accompagné de Jean De Ruyck et de 36 militaires allemands. Il n’y a aucun survivant. 

 

Un fait de Résistance longtemps caché

L’attentat du Düsseldorf n’est découvert qu’en 1960 grâce au travail de l’historien Claude Féron. Cette année-là, il rencontre un ancien marin du Neustrie (le Düsseldorf avant qu’il ne soit rebaptisé). Sans délai, Henri Dubois lui explique comment et pourquoi ce 23 août 1940, il avait bien embarqué à bord du navire mais avait refusé de rester à bord.

Au final, le travail des deux hommes permet de faire triompher la vérité. A l’époque, les allemands camouflent les faits et selon elle, l’attaque est un accident. Le navire aurait heurté une mine marine avant que le drame ne tombe dans l’oubli. Depuis cette découverte, une cérémonie annuelle se tient en hommage des deux sacrifiés.

 

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