Conférence de Marrakech – Rencontre entre Churchill et de Gaulle

La conférence de Marrakech est une rencontre entre Churchill et de Gaulle, survenue les 12 et 13 janvier 1944, à Marrakech. Lors de cette entrevue, le Premier ministre britannique a tenté de resserrer les liens amicaux entre les deux pays.

C’était les 12 et 13 janvier 1944

En ce tout début d’année 1943 et même si la guerre est encore loin d’être gagnée, les Alliés avancent progressivement leurs pions. Pourtant, les relations interalliées sont tendues, et cela inquiète Churchill. Le Premier ministre britannique, en convalescence à Marrakech, invite alors le général de Gaulle les 12 et 13 janvier 1944, pour tenter de clarifier la situation et renforcer l’amitié franco-britannique.

Pour cause, le courant passe mal entre les Etats-Unis et la France libre. Roosevelt n’accorde pour l’heure, aucune confiance en la personne de Charles de Gaulle, qu’il considère comme un potentiel dictateur, un homme seul et autoritaire. Evidemment, cela ne plait pas au chef de la France libre qui, par ses actions et déclarations, le fait bien savoir.

Or, Winston Churchill sait que la France sera, pour le Royaume-Uni, un allié vital pour l’après-guerre face aux très probables tensions à venir avec l’URSS de Staline. Mais pour sortir de cette guerre, il sait aussi qu’il ne peut se passer de la puissance des Etats-Unis. Pour le Premier ministre, il s’agit donc de jouer les équilibristes entre ses deux alliés.

En somme, il ne s’empêche pas de rappeler à de Gaulle qu’il lui parait déraisonnable de s’écarter la sympathie du Président Roosevelt tout en lui reprochant de vouloir faire juger les responsables de Vichy, ce qui n’est pas bien vu de l’autre côté de l’Atlantique. A cela, le général lui répond que « si l’on veut éviter les troubles d’un caractère révolutionnaire, il ne faut pas donner à l’opinion publique le sentiment d’une impunité possible pour les coupables ». Ainsi et une fois de plus, de Gaulle s’impose en s’opposant.

À la suite de cette rencontre et dans la réalité des faits, les relations ne s’améliorent guère. Roosevelt, Churchill et de Gaulle, restent plus ou moins campés sur leurs positions et le général sera régulièrement mis à l’écart des opérations. Cependant, Churchill ne cessera jamais, de manière très subtile certes, de soutenir son allié français, malgré de franches disputes.

Jusqu’aux dernières heures qui précèdent le Débarquement en Normandie, les Etats-Unis ne considèrent pas la France comme une grande puissance et refusent toujours l’éventualité de la voir siéger à la table des futurs vainqueurs. Pire, ils ne reconnaissent par le gouvernement provisoire et envisagent de la placer le pays, une fois libéré, sous protectorat anglo-américain.

Et puis, le D-Day approchant, l’aide de la France libre devient plus que nécessaire pour le bon déroulement des opérations. D’autant plus que les relations diplomatiques entre les USA et Vichy sont officiellement rompues depuis 1942. Plus tard, le débarquement réussi en Provence par la Première armée française, ne fera que confirmer le rôle primordial de l’armée dirigée par le général de Gaulle.

Ainsi, à force d’acharnement, d’oppositions et de véritables protestations, Charles de Gaulle parviendra à faire reconnaître la France comme puissance victorieuse qui, à la fin, siègera à la table des vainqueurs. De son côté, Winston Churchill aura réussi à rester en équilibre, sur une corde pourtant bien fine.

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