Histoire et Mémoire de la Seconde Guerre mondiale

Qui sont les 22 résistants du groupe Manouchian fusillés le 21 février 1944 ?

par | 1 Jan 2024 | [Article], [Histoire de la Résistance], En Une de Fortitude, Uncategorized

Morts pour la France

21 février 1944

Le 21 février 1944, 22 membres du groupe Manouchian sont fusillés par les Allemands, dans  la Clairière du Mont-Valérien. Ils étaient Juifs, Polonais, Hongrois, Arméniens, Espagnols ou encore Italiens… Tous étaient engagés dans la Résistance, au sein des FTP-MOI de la région parisienne.

Les membres du groupe Manouchian, fusillés le 21 février 1944

  • Celestino Alfonso ; né à Ituero de Azaba en Espagne, désigné Espagnol rouge responsable de 7 attentats sur l’Affiche rouge. Arrêté une première fois par les Allemands, puis déporté en 1942, il parvient à s’évader et à regagner Paris et les FTP-MOI. Il participe notamment à l’assassinat du SS Julius Ritter, responsable du STO en France. Fusillé à l’âge de 27 ans.

 

  • Joseph Boczov ; né à Felsobánya en Hongrie, désigné Juif hongrois, chef dérailleur et responsable de 20 attentats sur l’Affiche rouge. Ancien combattant dans les rangs des républicains espagnols pendant la guerre civile, il est ensuite interné en France puis déporté en Allemagne. Parvenant à s’échapper, il rejoint Paris et devient effectivement chef du détachement des FTP-MOI spécialisé dans le déraillement de trains. Fusillé à l’âge de 38 ans.

 

  • Georges Cloarec ; né à Saint-Lubin-des-Joncherets en France, fusillé à l’âge de 20 ans. Ne parvenant pas à rejoindre Londres afin de s’engager dans la France libre, il entre en contact avec les FTP-MOI de la région parisienne et prend part à plusieurs actions.

  • Rino Della Negra ; né à Vimy en France, d’origine italienne. Joueurs de football professionnel au Red Star, il s’engage dans le 3e détachement des FTP-MOI de région parisienne. Fusillé à l’âge de 20 ans, il avait notamment pris part à l’attaque du siège fasciste italien, rue Sédillot, dans le 7e arrondissement.

 

  • Thomas Elek ; né à Budapest en Hongrie, désigné Juif hongrois responsable de 8 déraillements de train sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 19 ans.

 

  • Mojsze Fingerweig ; né à Varsovie en Pologne, désigné Juif polonais responsable de 3 attentats et de 5 déraillements de train sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 20 ans. Il avait participé à plusieurs actions armées. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, son père et ses deux frères ont été assassinés en déportation.

 

  • Spartaco Fontanot ; né à Monfalcon en Italie, désigné communiste italien responsable de 12 attentats sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 22 ans. Issue d’une famille antifasciste qui s’était réfugiée en France, il avait notamment participé à l’attaque du général Schaumburg.

 

  • Jonas Geduldig ; né à Volodymyr en Pologne, installé à Paris comme mécanicien, il s’engage dans la Résistance en 1942. Fusillé à l’âge de 26 ans.

 

  • Emeric Glasz ; né à Budapest en Hongrie, ouvrier mécanicien, il s’engage pour se battre sous l’uniforme français en 1939, avant d’agir clandestinement au sein des FTP-MOI, en intégrant l’équipe des « dérailleurs de trains ». Fusillé à l’âge de 41 ans.

 

  • Léon Goldberg ; né à Lodz en Pologne, issue d’une famille de confession juive qui s’installe à Paris en 1926. En juillet 1942, il est le seul survivant de sa famille, décimée à Auschwitz après la Rafle du Vel’ d’Hiv’. Fusillé à l’âge de 20 ans.

 

  • Szlama Grzywacz ; né à Wolomin en Pologne, désigné Juif polonais responsable de 2 attentats sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 33 ans.

 

  • Stanislas Kubacki ; né à Siaszyce en Pologne, ancien combattant des Brigades internationales en Espagne. Déporté en Allemagne, il parvient à s’échapper, rejoint Paris et s’engage dans la Résistance. Fusillé à l’âge de 36 ans.

 

  • Cesare Luccarini ; né à Castiglione en Italie, émigré en France. Dans le Pas-de-Calais, il participe aux premières manifestations de résistance, avant d’intégrer les FTP. Fusillé à l’âge de 21 ans.

 

  • Missak Manouchian ; né à Adiyaman dans l’Empire Ottoman, désigné Arménien chef de bande responsable de 56 attentats, de 150 morts et de 600 blessés sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 37 ans. Au début de la guerre, il s’était engagé sous l’uniforme français, avant de finalement rejoindre – sous l’Occupation – les FTP-MOI, et d’en devenir le chef à l’été 1943.

 

  • Marcel Rayman ; né à Varsovie en Pologne, désigné Juif polonais responsable de 13 attentats sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 20 ans. Sa mère a été assassinée à Auschwitz-Birkenau, et son frère déporté à Buchenwald. Il avait notamment participé à l’assassinat de Julius Ritter, le 28 septembre 1943. Avant sa mort, il avait déclaré ne « rien regretter » : « Si chaque juif en avait descendu autant que moi, il n’y aurait plus d’armée nazie. »

 

  • Roger Rouxel ; né à Paris, entre en clandestinité en 1943 avec son ami Robert Witchitz. Fusillé à l’âge de 18 ans.

 

  • Antonio Salvadori ; né à San Gregorio en Italie, émigré avec sa famille à Belfort, il s’engage au sein des FTP-MOI de la région parisienne en 1942. Fusillé à l’âge de 23 ans.

 

  • Willy Schapiro ; né à Skala en Pologne, est arrêté au cours d’une attaque menée contre un convoi militaire allemand. Fusillé à l’âge de 33 ans.

 

  • Arpen Tavitian ; né à Azatashen dans l’empire russe, opposant à Staline et engagé dans l’Armée rouge, il rejoint Paris en 1937 puis rejoint les FTP-MOI de la région parisienne en 1943. Fusillé à l’âge de 48 ans.

 

  • Amedeo Usseglio ; né à Maddalena-Giaveno en Italie, émigre en France en 1930, s’engage au sein des FTP-MOI en 1943 et participe à plusieurs opérations de déraillements de trains. Fusillé à l’âge de 32 ans.

 

  • Wolf Wajsbrot ; né à Krasnik en Pologne, désigné Juif polonais responsable d’un attentat et de 3 déraillements de train sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 18 ans.

 

  • Robert Witchitz ; né à Abscon en France, désigné Juif hongrois responsable de 15 attentats sur l’Affiche rouge, fusillé à l’âge de 19 ans. Il avait été arrêté après sa participation à une attaque contre des convoyeurs de fonds allemands.

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