Le maquis des Glières

La maquis des Glières et un mouvement de résistants français créé par l’Armée Secrète ayant pris position sur le plateau des Glières en Haute-Savoie, au début de l’année 1944, afin de réceptionner des armes parachutées par les Alliés.

Maquis des Glières - Tom Morel

Le plateau des Glières

Depuis l’instauration du Service du Travail Obligatoire et lassés par cette Occupation dont les exigences et les contraintes deviennent sans limite, davantage de Français se tournent vers les Maquis.

Dès l’automne 1943, l’Armée Secrète de Haute-Savoie cherche à se procurer des armes par l’intermédiaire de Londres. Une fois les possibilités et les besoins identifiés, les Alliés arrivent à la conclusion que près de 2000 hommes peuvent être armés afin d’y opérer, en temps et en heure, des actions contre l’occupant.

Situé en pleine nature, à 1440 mètres d’altitude et à environ 30 kilomètres d’Annecy, le plateau des Glières, déjà utilisé ainsi au cours de cette même année, est choisi comme plateforme de parachutage. Les choses se mettent réellement en place lorsque, le 27 janvier 1944, Winston Churchill décide d’armer les maquis français. Et la région de Haute-Savoie sera la première servie.

Néanmoins, la Luftwaffe est encore active sur le territoire métropolitain, et elle représente ainsi un vrai risque pour les opérations à venir. De fait, il est donc décidé des procéder à des parachutages de nuit, en période de pleine lune afin de profiter d’une certaine discrétion tout en bénéficiant d’une visibilité toute relative. Dans ces conditions, une première date, le 9 février, est choisie pour un premier parachutage.

Dès le 31 janvier, Tom Morel (photographie ci-dessus), ancien lieutenant de l’armée française, rassemble 120 maquisards du maquis Manigod et prend position sur le plateau ; le maquis des Glières voit ainsi le jour. Pourtant tout autour d’eux, les choses se compliquent grandement.

Insurrection et traques des maquis

Au cours du mois de janvier 1944, le sentiment insurrectionnel en France, mais surtout en Haute-Savoie, est tel, que l’occupant impose un ultimatum à Vichy : se débarrasser des maquis avant la mi-mars. Très rapidement dans les jours qui suivent, des renforts arrivent et investissent tout le département. Gendarmerie, Garde mobile, Groupes Mobiles de Réserve et Miliciens, d’ici la fin du mois, ils sont environ 3000 à traquer la Résistance et l’état de siège est ainsi proclamé en Haute-Savoie.

Malheureusement la météo n’est pas de la partie et il faut encore attendre la nuit du 13 au 14 février pour réceptionner un premier parachutage largué par la Royal Air Force, permettant dans un premier temps d’armer le bataillon des Glières. Entre temps, 56 maquisards espagnols rejoignent le plateau et malgré la forte présence des forces de l’ordre, plusieurs groupes en feront de même les jours suivants.

Le 20 février, présentant certainement les combats à venir, Tom Morel rassemble son bataillon et donne sa devise qui restera gravée dans l’Histoire : « Vivre libre ou mourir ». L’ordre est clair, il faudra faire face aux actions de la police française. Au tout début du mois de mars, 45 Francs-Tireurs et Partisans parviennent eux aussi à rejoindre le plateau des Glières. Malgré leur nombre faible, environ 320 hommes, ils parviennent néanmoins à prendre le contrôle des différents accès au maquis et dans la nuit du 5 au 6 mars, ils parviennent à réceptionner un deuxième parachutage.

Le 9 mars, Morel apprend qu’un Groupe Mobile de Réserve, dirigé par le commandant Lefèbvre, est à Entremont, petit village avoisinant, afin de monter une attaque contre les Glières. Le soir-même, les maquisards prennent les devants et investissent Entremont. Les G.R.M se rendent rapidement mais, dissimulant une arme sur lui, le commandant Lefèbvre abat à bout portant Tom Morel. Les maquisards regagnent les Glières avec le corps sans vie de leur chef.

Dans la nuit du 10 au 11 mars, un troisième parachutage est effectué. Celui-ci est d’une importance incomparable avec les précédents. Près de 45 tonnes d’armes et d’explosifs, envoyés pour équiper l’ensemble de la région, sont ainsi confiés aux Résistants. Malheureusement et dès le lendemain, la neige tombe en abondance et la réception des marchandises s’annonce longue et épuisante mais surtout, il est pour l’heure impossible de quitter le plateau des Glières.

Assaut contre le maquis des Glières

Le 12 mars, s’en est trop pour les Allemands. Vichy n’étant pas parvenu à dissoudre les nids de résistance, les occupants décident de prendre en charge la suite des opérations. Alors que le 157ème division de la Wehrmacht, essentiellement basée à Grenoble, est en route, la Luftwaffe commence à bombarder le plateau des Glières et bientôt l’artillerie viendra rajouter toujours plus de déflagrations. Cinq jours plus tard et après l’enterrement de Tom Morel, Maurice Anjot prend officiellement le commandement du maquis, désormais constitué d’une force de près de 450 hommes.

Le 26 mars et à partir de 8 heures, Allemands et Miliciens attaquent le plateau en soutien de l’aviation de l’artillerie toujours. Les offensives menées sont d’une extrême violence et la lutte des maquisards se poursuite jusqu’à 22h, heure à laquelle Anjot estimant que ses hommes ne peuvent tenir plus longtemps, ordonne à chacun de décrocher et de rejoindre leurs maquis d’origine. Le maquis des Glières est officiellement dissout. Au total, 129 Résistants sont tués.

Jusqu’à la Libération

Si le maquis des Glières n’existe plus, la Résistance se poursuit partout ailleurs. Jusqu’à la Libération d’Annecy, le 19 août 1944, les maquisards et les habitants sont victimes de nombreuses et fortes représailles. D’autres opérations d’envergures sont menées par la Gestapo entre-autre, débouchant sur des vagues d’arrestations, des fusillades, des exécutions, de longues et douloureuses tortures ainsi que des déportations vers l’Allemagne.

Cependant, les parachutages d’armes se poursuivent et ces derniers sont réceptionnés avec succès. Elles sont, comme le plan initial le voulait, distribués à l’ensemble des combattants de la région. De nombreux accrochages ont lieu entre Résistants, Allemands et Miliciens. Après le Débarquement de Normandie du 6 juin 1944, de nombreux autres jeunes rejoignent la Résistance et au fil du temps, le rapport de force finira par s’inverser, réduisant ainsi au quasi-silence l’armée allemande et la Milice française.

Sources → Association des Glières

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