Les bombardements de Rennes

Bombardements du 8 mars 1943

C’est une belle journée à Rennes., une journée printanière. Le temps est doux et ensoleillé, pas un seul nuage à l’horizon. Les vacances scolaires ne pouvaient pas mieux débuter.

Comme chaque lundi, de nombreux magasins sont fermés et bon nombre de rennais profitent de ce beau temps pour déambuler dans les rues de leur ville, tout en profitant aussi des spectacles, de la musique et des manèges de la fête foraine en place sur le Champ-de-Mars. C’est finalement une journée ordinaire, une journée agréable que l’on aime passer en famille ou entre amis.

Mais ce début d’après-midi du 8 mars 1943 et lorsque horloges et montres indiquent 14h30, de grosses formes noires sont soudainement aperçues dans le ciel breton. Sans que rien ne laisse le présager, les rues, les avenues et les places se retrouvent brusquement dans un violent cauchemar de détonations assourdissantes, de flammes, de nuages de fumée noire, de poussière et d’objets divers projetés dans les airs. Partout se répètent les mêmes scènes d’horreur et de désespoir.

En l’espace de six minutes à peine, 54 B-17 américains déversent 539 bombes de 250 kg sur les installations ferroviaires et, malheureusement sur la ville aussi. Les habitants n’ont pas le temps de se mettre à l’abri et la panique s’empare inévitablement de chacun. La fête foraine est soufflée, des quartiers entiers prennent feu ; le Sacré-Cœur, la gare, le boulevard de la Liberté, le boulevard Solférino et bien d’autres encore. Près de 150 immeubles sont rasés et 2 568 sont endommagés. Rue Saint-Hélier, un entrepôt de la Société l’Economique est détruit et 71 personnes meurent dans les conditions les plus dramatiques, prisonnières des gravats, des flammes et des fumées meurtrières.

Alors que le signal annonçant la fin de l’alerte n’a pas encore retenti, de nombreux sauveteurs ainsi que des bénévoles interviennent pour organiser les premiers secours. Face à l’ampleur des événements, toutes les équipes de la défense passive sont mobilisées, de même que la Croix-Rouge. A l’emplacement de la fête foraine, un baraquement encore debout au milieu des décombres est transformé en chapelle funéraire. En six minutes seulement, la vie de 299 Français est brutalement fauchée dont les secours font état de 21 corps impossibles à identifier et 172 blessés graves ou légers.

La cible des Alliés était la gare de triage. Outre cette dernière ainsi que la ville de Rennes, le parc d’artillerie militaire allemand et les casernes de Guines et du Colombiers sont touchés. Le 11 mars, des obsèques nationales sont organisées sur la place de la Mairie. Choqués et endeuillés, plusieurs rennais font le choix, dans les jours qui suivent, de déménager dans les campagnes environnantes.

Sources → Quand les Alliés bombardaient la France 1940 – 1945 – Eddy Florentin – Editions l’Ancre de Marine

 

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