La bataille de Montcornet

La bataille de Montcornet est une bataille survenue le 17 mai 1940 pendant la Bataille de France, entre la 4e division cuirassée commandée par le colonel de Gaulle et divers éléments de la 1re Panzerdivision allemande. Ayant pour objectif de ralentir la progression ennemie, elle se solde par une victoire française, mais qui n’est que symbolique…

Objectif Montcornet pour la 4e Division blindée

Alors que les Allemands déferlent sur le territoire français, après avoir enfoncé le front de Sedan, les hauts responsables de l’armée française tentent de réagir à un événement qu’ils n’avaient jamais osé imaginer. A l’heure où se dessinent déjà les préludes de la débâcle, il faut à tout prix rétablir une ligne défensive pour protéger Paris, dont les routes sont désormais ouvertes à l’Allemagne d’Hitler.

Le ciel commence à peine à s’éclairer, le brouillard n’est pas encore dissipé. Il est 4h15 du matin ce 17 mai 1940, les chars du colonel de Gaulle se mettent en route. Cette nuit-là, les troupes allemandes viennent de parcourir près de 100 kilomètres en direction de la Manche, enfermant toujours plus l’armée alliée en Belgique et dans le Nord de la France. Inimaginable, et pourtant…

Sur le papier, la mission confiée à de Gaulle paraît simple ; ralentir la déferlante allemande pour permettre à la 6e armée de se déployer, dans l’objectif d’établir une nouvelle ligne défensive protégeant Paris.

Seulement, la 4e division cuirassée vient tout juste d’être constituée. Elle n’est d’ailleurs même pas complète et si les chars français commencent à faire leur réputation grâce à leur performant blindage, encore faut-il savoir les manier. Avant la bataille, un seul tir d’exercice a été effectué. De nombreux soldats n’étaient, jusqu’à ce jour, encore jamais monté dans un char, tout comme la grande partie des jeunes officiers qui la composent, à peine sortis de Saint-Cyr. En clair, la 4e division cuirassée n’est pas prête pour combattre.

 

La bataille

Avec ses hommes, de Gaulle est exigeant, autoritaire. Est-il nerveux ? Peut-être. Après tout, qui ne l’est pas au beau milieu de ce mois de mai 1940 si tragique. De par ses positions tranchées à propos de l’emploi des blindés dans l’armée, il n’a pas le droit à l’erreur, il le sait. « Allez, de Gaulle, pour vous qui avez depuis longtemps les conceptions que l’ennemi applique, voilà l’occasion d’agir. » lui avait lancé le général Georges.

Peu de temps après le départ des chars, un premier convoi allemand, mêlé de pièces d’artillerie, est déjà réduit au néant. La bataille vient tout juste de commencer. Pourtant et après seulement quatre heures de route, il faut déjà s’arrêter. Si le blindage des chars français est performant, leurs moteurs eux, sont très gourmands. Il faut faire le plein.

Chose faite, de Gaulle a ainsi déployé son unité en deux axes : une première colonne composée de chars lourds et moyens, se déplace par le Nord sur une ligne Liesse-Bucy-Montcornet. La seconde, plus au Sud, composée de chars légers pour couvrir la manœuvre, fait route sur Sissonne-Boncourt-Lislet. Cependant, viennent rapidement les premières déconvenues.

Placés sous les ordres du commandant Bescond, les chars lourds partent avec courage et détermination au combat. Seulement, croyant arriver à Montcornet, ils réalisent soudainement qu’ils sont en fait à La Ville-aux-Bois. Erreur de cible. Il faut dire aussi que si ces hommes possèdent bon nombre de cartes routières belges et allemandes, seule une carte Michelin des routes françaises est à disposition du bataillon. Le plupart des hommes doivent faire avec des almanachs des postes récupérés dans des maisons abandonnées, d’autres, doivent simplement se contenter de suivre le mouvement. Vraisemblablement, on avait pas prévu de se battre en France.

Mais les soldats du colonel de Gaulle se remettent déjà en route, et dans la bonne direction cette fois-ci. Avant d’atteindre Montcornet et avec un sang-froid remarquable et malheureusement bien trop rare depuis le début de la bataille de France, plusieurs poches allemandes sont réduites.

L’objectif géographique enfin atteint, la 4e division cuirassée lance plusieurs tirs nourris sur divers convois allemands tout en repoussant plusieurs contre-attaques de Panzers. Mais à 16h00, l’essence vient à manquer une nouvelle fois et les chars français sont contraints de se replier, désormais sous le feu de l’aviation et de l’artillerie ennemie dont l’ensemble des éléments peuvent communiquer par radio. La bataille de Montcornet se termine ainsi officiellement. Néanmoins, les combats se poursuivent durant près de deux jours en direction de Crécy-sur-Serre, jusqu’à ce que le général Georges ordonne la fin des combats ; la 6e armée est déployée.

 

Bilan de la bataille de Montcornet

Ce jour-là, les pertes matérielles françaises sont tout de même importantes : 23 chars sur les 85 engagés sont mis hors de combat. Certes, c’est une victoire dans le sens où de Gaulle est parvenu à obtenir des résultats convaincants avec l’emploi des chars qu’il vente depuis le début des années 30. Mais elle n’est que symbolique.

Pendant quelques heures, les troupes allemandes sont effectivement accrochées, brièvement repoussées et ralenties. Ce que ne sait pas le colonel de Gaulle, c’est qu’en réalité, le plus gros des 1er et 2e Panzerdivisions ont déjà dépassé Montcornet alors même que ses chars de mettaient en route. L’attaque dirigée à Montcornet est en fait menée contre des unités ennemies dites « secondaires ». En bref, cette bataille ne change et ne changera rien à l’issue de la bataille de France.

La bataille de Montcornet deviendra rapidement un mythe, une forme de légende grâce à la propagande soutenue de la France libre, à Londres. Il est vrai que si cette bataille n’apporte pas grand chose sur le plain tactique et stratégique, elle prouve cependant bien des choses : des soldats français se sont battu avec acharnement, courage et détermination sous les ordres d’un de Gaulle, que presque personne n’écoutait, qui avait pourtant tellement raison et depuis si longtemps. C’est de ce constat là, où il faut finalement remonter près de 10 ans en arrière, que le sort de la Bataille de France aurait pu basculer.

A compter du 1er juin 1940, Charles de Gaulle sera élevé au grade de général de brigade à titre temporaire. Il est aussi cité à l’ordre de l’armée :

« Chef admirable de cran et d’énergie, a attaqué avec sa division la tête de pont d’Abbeville, a rompu la résistance allemande et progressé de 14 kilomètres à travers les lignes ennemies faisant des centaines de prisonniers et capturant un matériel considérable. »

 

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