Le convoi numéro 1

Le premier convoi, aussi appelé le convoi numéro 1, est le premier convoi de déportés Juifs en France au cours de la Seconde guerre mondiale. Sur les 1 136 déportés de ce convoi, seuls 35 seront encore en vie à la fin de la guerre.

Le premier convoi

Vendredi 27 mars 1942

C’est une belle journée. Une journée qui enfin, annonce la sortie d’un hiver pénible et de ses grisâtres couleurs. Le ciel est clair, lumineux. Les pommiers sont en fleurs et le soleil dépose désormais ses premiers rayons chauds. Oui, c’est une belle et agréable journée pour qui trouve la liberté d’en profiter. Mais tous ne peuvent apprécier les bénéfices d’un printemps qui s’est fait tant attendre. Pour certains, cette journée n’est belle qu’en apparence. Elle n’est en réalité qu’un mirage qui ne fait qu’annoncer le pire à venir.

A l’heure où l’on sort habituellement de table, en tout début d’après-midi, 4 000 personnes sont rassemblées sur cette place centrale, trônant au beau milieu de cet ensemble d’immeubles en construction, dont les travaux d’ailleurs, n’avancent plus. Depuis sept mois environ, des Juifs étrangers y sont parqués dans les pires conditions.

Ici, l’insalubrité est devenue maître-mot. Au cœur de cette double clôture de barbelés et à l’ombre de ces quatre miradors, on y meurt de la maladie et même de la faim. Le camp de Drancy est gardé et administré par les autorités françaises. Cependant, ceux qui appelés, sortent du rang, répondent bien aux ordres d’un officier allemand. La plupart d’entre eux ont été raflés par la police française, le 20 août 1941 dans le 11e arrondissement de Paris.

L’officier a ainsi hurlé près de 560 noms. Tous sont des hommes. Après de longs et multiples comptages, ils sont finalement emmenés en gare du Bourget-Drancy.

Le premier convoi

Avant même d’être rassemblés dans la cour de Drancy, ils avaient déjà bien compris qu’un voyage se préparait lorsqu’on leur avait ordonné de rassembler leurs affaires. A la gare, le train spécial numéro 767 est déjà à quai et les hommes sont rapidement invités à monter à bord des voitures de troisième classe d’un train de voyageurs. Lorsque ce dernier se met en route, à 17 heures, il ne parcourt qu’une faible distance avant de s’arrêter une première fois à Compiègne. Là, et alors que le soleil a désormais laissé place à l’obscurité, plusieurs centaines hommes montent à leur tour à bord de ce convoi, désormais composé de 1 136 âmes, pour une destination toujours plus inconnue.

A la différence des premiers passagers, eux sont des Juifs français, arrêtés à leur domicile le 12 décembre 1941, à Paris encore. Beaucoup d’entre eux sont des notables. Ainsi, plusieurs avocats célèbres il y a encore peu, mais aussi un sénateur ou encore même un colonel, sont soudainement arrachés de leur pays pour partir dans une indifférence presque générale.

Le train reprend sa route et jusqu’à la frontière allemande, il est sous la surveillance de la gendarmerie française. On note cependant à bord la présence d’un officier SS : « S’il y a évasion, on fusille tout le wagon » avait-il prévenu plus tard. Theo Dannecker est le chef du service des affaires juives de la Gestapo. Celui-là même qui est chargé d’organiser ce premier convoi. Avant de quitter la France, le lendemain, un seul passager parviendra à échapper à sa surveillance.

Destination Auschwitz

Après trois jours et autant de nuits, l’hiver revient subitement à la face des passagers forcés, des déportés. Partout autour du camp d’extermination d’Auschwitz, la neige recouvre tout le paysage et à la descente du train, le froid est saisissant à l’extrême.

L’année 1942 est charnière dans la mise en œuvre du génocide des Juifs par les nazis et ce, principalement depuis la conférence de Wannsee. A ce même moment, Auschwitz devient le centre de la déportation européenne des Juifs et de leur assassinat.

Le premier convoi français arrive le 30 mars 1942, tout juste quatre jours après le premier convoi en provenance de Slovaquie. Rapidement après leur arrivée, les hommes délaissent leur identité pour un numéro de matricule, tatoué sur l’avant-bras. Le premier sera marqué du numéro 27 533 et 28 644 pour le dernier. Au mois d’août suivant, environ 1 000 des 1 136 déportés du premier convoi auront déjà trouvé la mort. A la fin de la guerre, ils ne seront plus que 19.

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Les autres convois

Dès le second convoi, parti le 5 juin 1942, les voitures de voyageurs sont remplacées par des wagons de marchandises ou à bestiaux. Par la suite, près de 80 autres convois partiront depuis la France. Dans le troisième de cette effroyable série, le 22 juin 1942, 66 femmes seront déportées. Dans un futur proche et avec les enfants, elles deviendront majoritaires.

A partir de cette sombre année et jusqu’à la fin de la guerre, 76 000 personnes seront déportées depuis la France ; 62 000 adultes et 11 000 enfants ne reviendront pas.

Sur les 300 000 à 330 000 Juifs qui vivaient en France en 1940, dont 200 000 étaient de nationalité française, 76 000 seront déportés et à peine 2 500 survivront. Aussi, 3 000 d’entre eux n’ont pas eu besoin de quitter le pays pour trouver la mort puisqu’ils fermeront leurs yeux une dernière fois au sein même des camps d’internement français, quand 1 000 autres seront exécutés ou sommairement abattus sur le sol métropolitain.

Sources : Fondation pour la Mémoire de la Shoah – Articles Le Monde et France 3 Région

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