Qu’est-ce que la rafle du Vél d’Hiv ? 

La rafle du Vél’ d’Hiv a lieu les 16 et 17 juillet 1942. Pour la première fois depuis le début de l’Occupation, femmes et enfants sont aussi la cible des 4 500 policiers mobilisés. Au terme de ces deux journées, 12 884 Juifs sont arrêtés puis emmenés dans différents lieux de rassemblement. Les familles elles, prennent la direction du Vélodrome d’Hiver. Elles y resteront 3 à 5 jours durant.

La rafle du Vel' d'Hiv

Crédit photo Mémorial de Shoah – Unique photographie connue de la rafle du Vél’ d’Hiv, à ce jour.

La rafle

« Il est 4 heures du matin. Ils sont venus nous chercher », écrit Édith Schuhova. Les 16 et 17 juillet 1942, 4 500 policiers sont mobilisés pour participer à la plus grande rafle jamais organisée en France. Pour la première fois, femmes et enfants sont aussi la cible de cette opération déclenchée par la Préfecture de police de Paris, à l’initiative des autorités nazies.

En théorie, seuls les Juifs étrangers ou apatrides vivant dans la capitale et sa proche banlieue doivent être arrêtés. Pourtant, la majorité des enfants raflés sont nés en France. Avant même que cette opération ne débute, des rumeurs et des informations circulent déjà. Ainsi, certains hommes partent se cacher… pas tous. Au petit matin, les policiers frappent aux portes. Certains ferment les yeux… pas tous.

Au terme de ces deux honteuses journées, 12 884 Juifs sont raflés : 3 031 hommes, 5 802 femmes et 4 051 enfants. Conduits dans différents centres de rassemblement par autobus, les adultes sans enfant sont directement envoyés à Drancy. Les familles quant à elles, sont parquées dans le Vélodrome d’Hiver, 3 à 5 jours durant.

La censure autour du Vél’ d’Hiv

La censure mise en place autour de cette opération policière fonctionne à la perfection. Pas un seul article ne paraît dans la presse. De fait, on ne sait rien de l’enfer que vivent ces familles à l’intérieur du Vél d’Hiv. On ne sait pas que jour et nuit, le vacarme y est assourdissant : les haut-parleurs diffusent des annonces sans cesse, les enfants courent, crient, pleurent au milieu d’une chaleur étouffante.

Plus de 8 000 personnes sont internées dans cette enceinte où se déroulent habituellement des événements sportifs. Inévitablement, les conditions d’hygiène se dégradent vite ; bientôt les sanitaires sont hors d’usage, le bruit, la faim et la soif enivrent les têtes et les esprits.

« Nous étions installés sur des gradins, pressés contre d’autres gens, appuyant la tête sur les ballots ou les valises […].

Au milieu du bruit confus, toute la journée, des haut-parleurs appelaient des noms. On disait que cela signifiait la libération immédiate. Certains criaient : « Je suis français, on ne peut pas me garder » et, le cou tendu vers les haut-parleurs assourdissants, ils espéraient. […]

Cependant, Michel et moi avions soif. Nous voulions aller aux cabinets. Mais impossible de passer dans les couloirs de sortie et, comme d’autres, nous avons dû nous soulager sur place. Il y avait de la pisse et de la merde partout. J’avais mal à la tête, tout tournait, les cris, les grosses lampes suspendues, les haut-parleurs, la puanteur, la chaleur écrasante. »

Annette Muller

Témoignage de la rafle du Vel' d'Hiv

L’entrée du bâtiment est rigoureusement gardée par des policiers. Tout contact avec l’extérieur y est interdit. A priori, les correspondances semblent impossibles. Pourtant, quelques lettres ont bien été écrites depuis l’intérieur même du Vélodrome d’Hiver, transmises par des mains compatissantes.

Certaines d’entre elles sont écrites par Rachel Polakiewicz, en voici un extrait :  » Chers tous, Encore quelques mots pour vous dire que nous sommes toujours au Vél d’Hiv. Cette nuit, nous nous sommes allongés par terre, mais il y avait un va-et-vient continuel, quelqu’un m’a marché sur les pieds et il m’a bien arrangée. […] Enfin, ce n’est rien à côté de notre bien triste situation. Nous n’avons plus grand chose à manger et nous manquons de presque tout, et avec ça, combien de temps resterons nous ici ? Je vous assure qu’on croit rêver, ce n’est pas possible qu’une chose aussi horrible nous est arrivée et pourtant c’est la triste vérité. On entend de temps en temps des cris de femmes, ça nous donne la chair de poule. »

Les arrestations se poursuivent encore les jours suivants, portant le nombre total de personnes raflées à 13 152. À quelques exceptions près, la plupart de ces femmes, hommes et enfants, seront assassinés à Auschwitz-Birkenau.

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