La bataille de Koufra

La bataille de Koufra est un affrontement survenu au cours de la Seconde Guerre mondiale en Libye, entre les troupes des Forces Françaises Libres menées par le colonel Leclerc et les troupes italiennes. Elle est à l’origine du « serment de Koufra ».

Bataille de Koufra - Leclerc

L’assaut de Koufra

Lorsque le Gabon s’est rattaché à la France libre, le colonel Leclerc est nommé commandant militaire du Tchad. Le 16 février 1941 et après un raid de plus de 2000 kilomètres à travers le Sahara et une certaine durée d’observation nécessaire, les troupes françaises se lancent à l’assaut de Koufra.

Koufra est une oasis, c’est-à-dire une zone de végétation isolée et aménagée en plein cœur du Sahara. Elle est située à plus de 400 kilomètres de toute zone habitée, mais elle en reste néanmoins très stratégique. Pour cause, cette zone aux mains des Italiens et donc des forces de l’Axe, permet de contrôler le Sud-Est de la Libye tout en représentant un pont aérien avec l’Ethiopie Italienne.

Ainsi, Leclerc est tout à fait conscient du symbole et des enjeux stratégiques que peut représenter la prise de ce que Mussolini appelle lui-même, la puissance africaine de l’Italie. L’oasis est défendue par le fort d’El Tag ainsi que de plusieurs centaines de combattants, dont la compagnie motorisée « Sahariana di Cufra », une unité spécialement équipée pour le combat en désert. Pourtant et malgré un appui aérien composé de six avions, cette force est rapidement mise en déroute par les soldats français, qui iront jusqu’à la poursuivre en direction du Nord-Est sur près de 500 kilomètres, sans résultat. Cependant, la bataille de Koufra n’est pas terminée. Il reste encore la garnison présente dans le fort à déloger et dès le 19 février, les Italiens se retrouvent alors en état de siège.

Le fort d’El Tag, rempart de Koufra

Réputé imprenable et entouré d’un efficace réseau de défense, le fort d’El Tag est un ouvrage imposant et de forme carrée. Ses murs mesurent quatre mètres de haut et s’étendent sur cent cinquante mètres de long et la garnison présente au sein de ses hauts remparts est équipée d’une forte puissance de feu composée de mitrailleuses lourdes.

Si le nombre d’hommes s’équilibre de part et d’autre, les Français ne disposent que d’un seul canon. De fait, l’avantage matériel et stratégique penche nettement en faveur des Italiens. Réalisant bien les difficultés qui se présentent à lui, Leclerc fait donc le choix d’harceler l’ennemi tout en prenant garde de ne pas laisser approcher d’éventuels renforts.

La tactique mise en place est audacieuse. Elle consiste à affaiblir le plus rapidement possible le moral des soldats Italiens en leur faisant croire qu’une forte  et puissante armée est à leur porte. Pour se faire, le seul canon français, dirigé par le lieutenant Ceccaldi, est placé à environ 3 500 mètres du fort. Tirant quotidiennement vingt à trente obus, de jour comme de nuit, sa position et son angle de tir est régulièrement modifié afin de faire croire à la présence d’une batterie d’artillerie complète. Certains de ces tirs touchent par exemple la salle à manger des officiers, le poste de radio et même le pavillon italien qui par ailleurs, ne sera jamais relevé.

Pour parfaire la ruse, des mortiers sont tirés à une distance d’environ 1000 mètres. Ils sont accompagnés de fausses attaques et de nombreux mouvements de camions afin de faire croire à une opération militaire d’envergure. La réaction italienne est violente, mais inutile. Le moral des gardiens de la forteresse commence brusquement à baisser.

La reddition de la garnison italienne

Le 28 février, les Italiens essayent une première approche et tentent de parlementer afin de mettre les blessés à l’abri. Leclerc refuse. La nuit suivante, Ceccaldi reprend et amplifie ses tirs en envoyant deux fois plus d’obus qu’à son habitude. Finalement, le lendemain matin 1er mars, le drapeau blanc est érigé au-dessus du fort.

Dans un bref délai, des parlementaires sortent du fort et vont à la rencontre des Français afin de demander les conditions d’une reddition dans l’honneur. Par la même occasion, ils s’étonnent de la faible puissance de feu déployée. Les discussions débutent mais s’éternisent et le colonel Leclerc se décide finalement à y prendre part. En maître du jeu, il ordonne aux Italiens de remonter dans leur véhicule et lui-même, ainsi que deux officiers, se joignent à eux pour prendre la direction du fort d’El Tag.

C’est finalement face au commandant du fort que Leclerc impose ses conditions et la capitulation est immédiatement signée. Onze officiers, 18 soldats Italiens et 273 Libyens sont faits prisonniers et les Français récupèrent de nombreux armements et équipements. Au cours de cette bataille, les pertes italiennes d’élèvent à trois morts et quatre blessés. Pour la colonne française, composée aux trois quarts de tirailleurs, quatre morts et vingt-et-un blessés sont recensés.

Le 2 mars 1941 à 8 heures, le drapeau français flotte sur le fort, symbolisant la première bataille remportée par des troupes françaises sous commandement français depuis le 18 juin 1940. Ce jour même, une cérémonie est organisée. Cérémonie au cours de laquelle Leclerc et ses hommes prêteront le « serment de Koufra ».

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