Qu’est-ce que le « serment de Koufra » ?

2 mars 1941

Le « serment de Koufra » est un engagement pris pour la poursuite de la guerre, jusqu’à la libération de la France. Prêté par le colonel Leclerc avec ses hommes, il a lieu au lendemain de la victorieuse bataille de Koufra. Le jeune officier fait jurer ses soldats de ne jamais déposer les armes, jusqu’à la libération de Strasbourg.

Le serment de Koufra

La victoire de Koufra

La frontière entre l’audace et la folie est parfois mince. Les soldats qui ont eu la chance de connaître Philippe Leclerc de Hauteclocque disaient de lui qu’il ne doutait jamais de rien et que tous les problèmes avaient leurs solutions. A son contact, ils étaient galvanisés, prêt à tout pour les belles couleurs de la France. Leclerc n’était pas fou. Il était juste l’un des meilleurs stratèges militaires de son époque, écrivant l’une des plus belles pages de l’histoire de la France Libre.

Cérémonie au fort d’El Tag

Le 2 mars 1941, au lendemain de la retentissante victoire des troupes françaises à Koufra, et au terme d’un coup de bluff incroyable, une cérémonie est organisée au sein du fort d’El Tag, lieu précédemment détenu par les forces italiennes, pour en célébrer sa symbolique forte.

Au moment où le drapeau français est hissé sur le mât du fort, le colonel Leclerc aurait prononcé ce qu’on appellera plus tard ; le serment de Koufra. Serment dans lequel il ferait jurer ses hommes de se battre contre les nazis et leurs alliés, jusqu’à la reconquête de Strasbourg.

« Jurez de ne déposer les armes que le jour où nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la Cathédrale de Strasbourg ».

Paris, Metz ou Strasbourg ?

Il existe en réalité plusieurs versions de ce moment historique. Toutes ne sont pas exactement les mêmes et la capitale alsacienne se retrouve parfois associée à Paris ou encore à Metz. A-t-il réellement prononcé un serment ou bien est-ce une phrase sortie d’un discours qu’il aurait prononcé à ce moment-là ? L’histoire reste encore à éclaircir. Ce qui néanmoins est certain, c’est que l’idée générale concerne effectivement bien la libération de Strasbourg et le drapeau français.

La promesse de Koufra

En premier lieu, ce serment s’apparente plus à un acte de bravoure et de courage. Car dans les faits, lui-même ignore la tournure que prendra la suite de la guerre. Ses hommes eux-mêmes, ne savent pas non plus combien d’entre eux seront encore en vie lorsque, et si Strasbourg sera atteinte. De plus, il apparait plus, à cet instant, comme un événement local, résultant d’une bataille locale remportée par quelques 400 soldats français. Ainsi, peu d’hommes entendent ce serment qui, pour l’heure, reste à Koufra.

Un événement heureux pour la propagande de la France libre

Rapidement, la propagande de la France libre et de ses alliés s’empare de l’histoire et la véhicule très largement. Même si la nouvelle passe inaperçue sur le territoire métropolitain, partout ailleurs, elle se propage rapidement. Il s’agit d’un événement symboliquement fort : la première victoire d’une armée française sous commandement français depuis la défaite de 1940.

Dans les jours qui suivent, le général de Gaulle félicite chaleureusement le colonel Leclerc : « Vous venez de prouver à l’ennemi qu’il n’en a pas fini avec l’armée française. Les glorieuses troupes du Tchad sont sur la route de la victoire ». Dans un temps proche, le jeune officier de 38 ans est promu au grade de général de brigade. Son premier képi est fait avec les moyens disponibles et finalement, ses deux étoiles sont prélevées d’un uniforme italien. Qu’importe, l’histoire est en marche.

Et une promesse tenue

Après bien des sacrifices et de multiples et douloureuses étapes, Leclerc et ses hommes tiennent finalement mot pour mot la promesse de Koufra. Le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée et le drapeau est hissé sur la flèche de la Cathédrale. Evidemment depuis 1941, la troupe victorieuse de Libye a bien évoluée. Elle est plus nombreuse en hommes mais aussi, majoritairement composée de soldats africains à l’origine, ces derniers ne sont plus là. Selon Jean-Christophe Notin, documentariste et écrivain, les Américains ne voulaient pas d’eux dans leurs divisions blindées. Cependant, il restait bien des soldats européens qui avaient connu Koufra et sa première victoire.

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