La France déclare la guerre à l’Allemagne nazie

Le 3 septembre 1939, dans les environs de 17h00, la France déclare la guerre à l’Allemagne qui vient d’attaquer la Pologne sans déclaration de guerre. La mobilisation générale est décrétée et les troupes françaises se rassemblent avant de rejoindre le front. 

Un dernier été avant la guerre

Eté 1939, quelques chanceux vacanciers éloignés de la capitale et des cités industrielles, prennent du bon temps au milieu du paradisiaque paysage de la Côte d’Azur. Pour ces français, c’est un vent de légèreté, une parenthèse de bonheur précédée d’une dure année d’angoisse de labeur. Les enfants courent sur le sable brulant devant l’objectif des rares caméras familiales avant de partir à l’assaut des vagues d’une mer au bleu éclatant. Les repas s’éternisent autant que les siestes qui s’en suivent. Le mélodieux chant des cigales, transporté par une brise douce, apaisante et reposante accompagne les balades estivales. Oui, c’est un vent de légèreté, une pause de vie, une pause de partage en intimité. L’occasion n’est que trop rêvée pour tourner le dos à ces grondements venus plus à l’Est. Un orage approche dangereusement, menaçant sur son passage d’engloutir à jamais le vent de la liberté.

Sombre, ténébreux et orgueilleux, il se propage encore plus vite que ses propres éclairs de colère. Le vent tourne, se renforce et emporte sur son passage les fondements des sociétés modernes et évoluées d’une Europe désormais en crise.

L’Allemagne, étouffée par un traité de paix déséquilibré et dangereux, en quête de solutions à ses difficultés récemment rencontrées, s’est réfugiée dans une dictature idéaliste, énergique certes, mais terriblement mensongère et raciste. L’Espagne en a fait tout autant, tout comme l’Italie, pourtant grand allié de la France et du Royaume-Uni, que ces derniers, à coups de morales déplacées, viennent imprudemment de jeter dans les bras de Hitler.

L’Europe est en danger et sur le point d’atteindre un point de non-retour, les alliances passées volent en éclats, à la plus grande satisfaction du dictateur nazi, libre d’agir en toute impunité ou presque. Pourtant, un dernier espoir persiste encore, celui de l’URSS avec qui les deux démocraties négocient un accord visant à contenir les folles ambitions expansionnistes d’Adolf Hitler.

 

Eté 1939

Crédit photo : Télérama’

1939, un dernier été, est un magnifique documentaire réalisé à partir d’archives amateurs par Ruth Zylberman. Elle s’intéresse à ces français et à cette période qui précède l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne nazie.

Pour en savoir plus…

Hitler et l’Allemagne dans l’Europe des années 30

Lundi 30 janvier 1933. Ce que peu, hormis les fanatiques nazis, n’avaient jugé probable, devient réalité. Adolf Hitler, l’enfant raté de Vienne, l’inconnu soldat allemand, le gueulard des brasseries de Munich, est nommé Chancelier du Reich par le Président Paul von Hindenburg. Lorsqu’un an plus tôt, ce dernier remporte les élections face à Hitler, en 1932, ce devait être la fin du fanatique parti nazi et de ses membres. C’était une erreur de le penser.

Hitler est un obstiné agressif et il le prouvera jusqu’à sa mort. Jamais, il ne quitte son ambition pour le pouvoir et ce, même lorsque tous les évènements possibles jouent contre lui. Il a tissé un réseau composé de personnalités politiques et industrielles hautement bien placées. Ce qu’il ne parvient pas à obtenir lui-même, les autres s’en chargent à sa place.

 

Son parti fait plusieurs fois face à de graves problèmes de trésorerie, il n’a jamais besoin de s’en inquiéter. Il a longtemps été moqué mais a rapidement su tirer les bénéfices d’une propagande bien orchestrée, découvre la puissance des mots et par la même occasion, son auditoire. Ses adversaires politiques, outre le mépris qu’ils ont à tord pour ses talents d’orateur, réalisent peu la soif gigantesque qu’il a du pouvoir. Pire encore, il est très rarement décrit comme un personnage potentiellement dangereux. Que ce soit en Allemagne ou en Europe. Pourtant, et s’il montre à plusieurs reprises son – soi-disant- attachement à la paix et à la légalité, il promet aussi des têtes, l’écrasement de la France et l’élimination des Juifs. Il promet également de casser le traité de Versailles et de combattre « par l’épée » pour la création d’un espace vital à l’Allemagne, une fois les armées du pays reconstituées.

Il n’est en rien une erreur parmi toute l’histoire de l’Allemagne. Si Hitler sait exploiter toutes les causes et faiblesses de ses adversaires à ses fins, il n’est cependant possible uniquement parce qu’on lui en laisse l’opportunité et parce qu’il est arrivé dans la seule et unique période possible de l’histoire où il peut être quelqu’un. Dans un autre contexte, une autre époque, dans une autre société, probablement serait-il encore en train de vendre ses toiles dans les rues de Vienne pour se payer de quoi manger.

Mais la guerre 14-18 est passée par là. Elle laisse sur son passage tous les ingrédients pour qu’un tel personnage, capable d’envouter les foules, puisse naitre et gravir les échelons d’une société très évoluée, culturellement riche et développée. L’Allemagne n’aurait jamais dû prendre ce virage dramatique et fanatique. Mais les politiciens et les autorités, non pas seulement de la République de Weimar mais de l’Europe entière, se voilent la face ou détournent le regard. Ils laissent Hitler prospérer sur les coûts et l’inégalité du traité de Versailles, jeter tous les maux de son pays sur les responsabilités de la France alors même que la population allemande s’enfonce dans la plus grave crise économique de son histoire. Le chômage explose et la pauvreté s’installe. Tous les ingrédients sont réunis et les coupables des malheurs allemands sont pointés du doigt.

« Hitler est Chancelier du Reich. Exactement comme dans un conte de fée », écrit Goebbels. La machine nazie est en marche.

 

HITLER IAN KERSHAW

Il ne fait aucun doute que Ian Kershaw a consacré des milliers et des milliers d’heures de recherches et de lectures pour publier cette biographie de Hitler.

D’une précision chirurgicale, argumentée et replacée dans son contexte, il s’agit bien de la référence ultime en la matière.

De sa naissance jusqu’à sa mort, les nombreux secrets, anecdotes et contradictions du dictateur y sont révélées et démontrées. 

Une bonne partie du « mythe » dessiné par la propagande allemande de l’époque, s’effondre au fur et à mesure que les pages de ce livre se tournent.

Résumé de la biographie de Hitler par Ian Kershaw.

Le traité de Versailles

signature du traité de Versailles

Signé en 1919, le traité de Versailles énumère les différentes sanctions infligées à l’Allemagne et prévoit aussi la création de la Société des Nations (encêtre de l’ONU).

→ Les sanctions imposées à l’Allemagne par le traité de Versailles.

L’emprise du nazisme

Lundi 30 janvier 1933

Hitler arrive au pouvoir

Suite à la démission du gouvernement Schleicher, le Président Paul von Hindenburg nomme Adolf Hitler, son précédent adversaire battu aux élections de 1932, à la tête de la Chancellerie du Reich.

Vendredi 14 juillet 1933

Le parti Nazi devient le parti unique

Il est prévu une peine de six mois à trois ans d’emprisonnement pour toute personne collaborant avec les partis désormais interdits. Aussi, il est interdit de créer un nouveau parti, cette loi n’autorisant que celui de Hitler.

Vendredi 29 juin 1934

La nuit des Longs Couteaux

Dans la nuit du 29 au 30 juin, principalement à Munich mais aussi dans toute l’Allemagne, Adolf Hitler, par l’intermédiaire de sa SS, fait éliminer ses opposants et riveaux.

Dimanche 19 août 1934

Hitler devient Führer et Chancelier d’Allemagne

Par un plébiscite organisé ce jour et suite à la mort du Président Hidenburg, 89% des suffrages exprimés par la population allemande permettent à Adolf Hitler de cumuler les fonctions de Chancelier et de président du Reich.

Samedi 16 mars 1935

Nouvelle violation du traité de Versailles

Hitler rétablit le service militaire obligatoire et proclame la souveraineté de l’Allemagne en matière de défense. Le réarmement secret, débuté plus tôt, se poursuit.

Dimanche 15 septembre 1935

Adoption des lois de Nuremberg

En Allemagne, les Juifs sont privés de leur citoyenneté et de leurs droits politiques. Le drapeau à croix gammée est adopté comme drapeau national.

Samedi 7 mars 1936

Remilitarisation de la Rhénanie

Pendant que les démocraties européenes ont les yeux tournée vers l’Italie et sa guerre coloniale, Hitler réinvestit militairement le territoire de la Rhénanie, une nouvelle fois à l’encontre du traité de Versailles.

Samedi 12 mars 1938

Annexion de l’Autriche (Anschluss)

Les troupes allemandes entrent en Autriche sans rencontrer la moindre opposition. La France et la Grande-Bretagne ne font que protester verbalement.

Lundi 3 octobre 1938

Hitler s’empare des Sudètes

La Tchécoslovaquie perd 30 000 m² de territoire et plus de 3 millions d’habitants en plus de ses défenses naturelles et fortifiées.

Mardi 16 mars 1939

L’Allemagne occupe la Bohême et la Moravie

La Tchécoslovaquie, déjà démembrée par le rattachement des Sudètes à l’Allemagne perd un nouveau territoire dans lequel Hitler instaure le Protectorat de Bohême-Moravie.

Mercredi 22 mars 1939

Hitler contraint la Lituanie de lui céder Memel

Face à un ultimatum allemand, le guovernement lituanien est contraint et forcé de signer un traité restituant la ville à l’Allemagne.

Vendredi 1er septembre 1939

L’Allemagne attaque la Pologne

Hitler déclenche l’opération « Fall weis » (Plan blanc). De nombreux chars, aidés de l’aviation et de l’infanterie submergent la Pologne. Il s’agit de la première « guerre éclaire ».

La crise de 1929

Hitler profite de la crise économique de 1929

Lorsque les effets de la crise économique de 1929 arrivent en Allemagne, la situation économique du pays s’effondre. Une partie du peuple allemand se tourne alors vers le parti nazi.

Les conséquences de la crise économique de 1929 sur l’Allemagne.

Hitler et la paix

Discours de Hitler au Reichstag

Alors que Hitler prépare son pays à la guerre par une forte politique de réarmement, pourtant interdite par le traité de Versailles, le dictateur annonce ne vouloir que la paix.

Le discours de paix du 21 mai 1935 d’Adolf  Hitler face au Reichstag.

Les accords de Munich et la paix
Les accords de Munich

Crédit photo : Wikipedia, les accords de Munich

De gauche à droite : Chamberlain, Premier ministre britannique ; Daladier, Président du Conseil en France ; Hitler, Chancelier du Reich ; Mussolini, Duce d’Italie. Dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938, les accords de Munich sont signés.

(Cliquez sur la photographie pour agrandir)

 

« Les cons », lâche Edouard Daladier dans la voiture qui le mène depuis l’aéroport du Bourget jusqu’au siège du ministère de la guerre. Plus de 500 000 personnes l’ovationnent alors qu’il est lui-même persuadé d’avoir commis l’irréparable.

De nouvelles fortes tensions voient le jour en Europe. Le 11 mars 1938, l’Allemagne a annexé l’Autriche et récemment, Hitler vient d’invoquer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et annonce donc naturellement qu’il annexera, le 1er octobre, la région des Sudètes, territoire composé d’une minorité allemande. A ce moment précis, il sait très bien que cela implique une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, puisque ces derniers se sont engagés à défendre et à reconnaître les frontières de la Tchécoslovaquie.

Face à cette menace, la France mobilise ses réservistes. Mais afin d’éviter un conflit armé, Benito Mussolini, le nouvel allié de Hitler, propose d’organiser une conférence pour régler une bonne fois pour toute la question des Sudètes.

 

Ainsi, le 29 septembre 1938 la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne sont respectivement représentés par Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler lui-même. Étonnamment, le pays concerné, à savoir la Tchécoslovaquie, n’est pas invitée aux discutions et n’est donc non représentée.

La situation est plus que particulière. En réalité, hormis le dirigeant allemand, aucun pays, aucune population, ne souhaite la guerre. Les britanniques ont massivement investi en Allemagne à l’issue de la Première Guerre mondiale. A ce propos, le Premier ministre a déjà annoncé à Daladier que son pays ne s’engagera pas dans une guerre « pour la Tchécoslovaquie ». Le risque financier parait bien important et Chamberlain croit encore en sa politique d’apaisement avec Hitler. En France, les élections approchent et une opération d’envergure militaire ne ferait probablement pas grimper les intentions de vote. Finalement, Adolf Hitler est bien le maître du jeu. Du moins, il en est le maître car les puissances occidentales veulent bien le laisser faire.

Il ne faut pas croire que l’ensemble du peuple allemand souhaite la guerre. C’est même l’inverse. Si ce dernier est très reconnaissant envers Hitler d’avoir – provisoirement – rétablit la situation économique du pays par de nombreux investissements militaires et par l’annexion de l’Autriche, sans le moindre coup de feu, il ne désire qu’une seule chose ; la paix.

Mais cette paix à un coût terrible, celui du sang et personne ne souhaite le payer. Léon Blum se dit partagé entre un « lâche soulagement et la honte ». Pour cause, la France abandonne purement et simplement son allié qu’est la Tchécoslovaquie, en échange de vagues promesses de paix. Plus de 250 000 Tchèques sont contrains de quitter la région des Sudètes avant le 10 octobre. Hitler vient d’obtenir l’autorisation d’annexer la région. Il n’y aura donc pas de guerre, au plus grand soulagement des populations occidentales. Pourtant, la France perd bien plus qu’un allié. Elle perd tout le crédit moral dont elle disposait en Europe et permet en plus à l’Allemagne de renforcer sa puissance politique et militaire. Cependant, elle gagne un précieux temps dans l’élaboration déjà tardif de son réarmement. L’Union Soviétique, non conviée aux négociations, s’éloigne des deux démocraties.

La paix est donc sauvée. Daladier et Chamberlain sont ainsi respectivement accueillis dans leur pays en héros, comme les sauveurs de paix. Ainsi, le président du Conseil change d’avis sur les négociations abouties à Munich. Il reste néanmoins conscient que la paix élaborée reste précaire et fragile. De l’autre côté de l’Europe, en Tchécoslovaquie, la presse titre « la trahison de Munich ». Le pays perd l’intégralité de ses défenses militaires. Sa ligne de défense, l’équivalent de la ligne Maginot, est justement située dans la région annexée. Sous l’emprise totale du Reich allemand, le pays ne tiendra que quelques mois.

Mais le dictateur à d’autres projets et déjà ses yeux se tournent vers la Pologne.

 

 

Edouard Daladier : « Nous avons sauvé la paix »

Daladier après les accords de Munich

Le 4 octobre 1938, Edouard Daladier vient s’expliquer sur les accords négociés à Munich, à l’Assemblée nationale. A son entrée dans l’hémicycle, il est (à l’exception des communistes) acclamé par les députés, eux aussi convaincus que le président du Conseil a bien sauvé la paix en Europe.

Le discours de Daladier à son retour de Munich, le 4 octobre 1938.

Henri de Kérillis : « l’allemagne ne respecte que les forts »

Henri de kérillis

Henri de Kérillis est un journaliste et homme politique. Il est le seul député de droite à s’opposer aux accords de Munich. Il répond au discours que vient de prononcer Edouard Daladier dans l’hémicycle. Certaines des phrases qu’il prononce, resteront encrées dans l’histoire.

Le discours de Henri de Kérillis, en réponse à celui de Daladier, le 4 octobre 1938.

Winston Churchill : « Une véritable défaite totale »

Churchill

Alors qu’il n’est encore qu’un député conservateur, Winston Churchill va à l’encontre la plus totale de l’opinion actuelle. Il dénonce des accords dangereux et indignes, critique ouvertement la politique d’apaisement du Premier ministre et prédit même les événements futurs.

Le discours du 5 octobre 1938 de Winston Churchill face à la Chambre des communes.

Une dernière chance pour éviter la guerre

Depuis plusieurs semaines, Hitler multiplie les menaces à l’encontre de la Pologne. Cette dernière réclame ainsi l’aide de la France et du Royaume-Uni. A nouveau, les tensions font les actualités et les menaces de guerre sont une nouvelle fois réelles.

Lutter sur deux fronts géographiquement opposés, à l’Est et à l’Ouest, rendrait la tâche plus qu’incertaine à l’Allemagne. C’est dans cet objectif que démarrent au début de l’été 1939, des négociations visant à créer une convention militaire entre l’URSS, le Royaume-Uni et la France. C’est dans ces négociations que la paix à encore une chance de reprendre l’avantage et c’est également dans ces négociations que le gouvernement et les Français reposent tous leurs espoirs. Mais dans cette période incertaine, où rien ne se passe comme prévu, un coup de tonnerre peut encore cacher une nouvelle plus foudroyante encore.

Si la politique d’apaisement de Chamberlain paraît être un lointain souvenir, son gouvernement peine cependant à accepter les conditions de Staline. Méfiant à son égard, il craint les ambitions potentiellement secrètes et dangereuses de l’URSS à l’encontre de la Pologne. Les négociations s’enlisent et face à l’urgence de la situation, Paris presse Londres, son plus grand allié, de trouver un accord. En vain.

Durant tout le début de l’année 1939, l’Europe se déchire à coups de revendications et de déclarations menaçantes et intimidantes.

Mussolini, piqué à son tour par le virus de l’expansion de son territoire, revendique la ville de Nice et la Corse alors même qu’il a déjà envahi l’Ethiopie et conclu un pacte avec l’Allemagne. Hitler, sur fond de projets identitaires et toujours dans l’idée d’agrandir son « espace vital », revendique la ville polonaise de Dantzig, ce à quoi britanniques et français promettent une assistance militaire en cas d’agression.

Mais rien ne semble pouvoir arrêter Hitler qui détient désormais la plus grande et plus développée armée du vieux contient.

Seul un accord avec les Soviétiques permet encore d’espérer un maigre espoir de paix.

 

La perte d’un allié appelé Mussolini

Mussolini et Hitler

Les choses sont ainsi faites. Il y a l’histoire des vainqueurs et l’histoire des perdants. Volontairement ou bien involontairement, certains faits, certaines réalités sont oubliées ou déformées. A titre d’exemple, on attribue la débâcle française uniquement à son armée, on parle même de soldats qui fuient les combats face à la puissance allemande. C’est totalement faux et pourtant, aujourd’hui encore, ces faits sont injustement mis en avant.

Et si l’Italie de Mussolini s’était une nouvelle fois opposée à l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne ? Et si l’Italie de Mussolini avait été encouragée à maintenir son alliance avec la France et le Royaume-Uni en constituant ainsi un front supplémentaire au Sud de l’Allemagne ? Et si, finalement, l’Italie n’avait pas été jetée dans les bras de Hitler par les puissances occidentales, sur fond de cicatrices males refermées d’un premier conflit mondial, dont l’infection atteint désormais un stade inquiétant ?

Bien que son pouvoir ait été acquit par la force et le sang, le régime fasciste a dans un premier temps impressionné les plus grandes puissances mondiales par sa réussite. La politique sociale élaborée par Mussolini permet de faire de l’Italie, un pays en avance sur son temps, en avance même sur la France.

Les intentions de paix du dictateur Italien, étaient sans aucun doute bien plus vraies que celle du dictateur Allemand. C’est lui qui s’oppose à la première tentative d’annexion de l’Autriche par l’Allemagne et qui fait donc dans un premier temps renoncer Hitler. C’est encore lui qui organise la conférence de Stresa, en 1932, et prévient de la dangerosité du réarmement de l’Allemagne alors que les gouvernements français et britanniques se contentent de le constater. C’est encore lui qui est à l’initiative des accords de Munich dont l’objectif initial est bien de maintenir la paix en Europe.

Pourquoi Mussolini s’est tourné vers Hitler ?

Le discours de Mussolini du 2 octobre 1935

 

La guerre désormais inévitable entre la France et l’Allemagne

Un pacte signé entre l’URSS et l’Allemagne

Staline et Ribbentrop après la signature du pacte germano-soviétique

Crédit photo : Wikipedia, Pacte germano-soviétique

Staline (à gauche) avec Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères après la signature du pact germano-soviétique.

Mercredi 23 août 1939. Un terrible tremblement de terre vient de secouer l’ensemble des populations et des sphères politiques françaises et britanniques. Il n’y aura pas d’accord avec Staline et les Soviétiques. Il n’y aura pas d’accord car ces derniers viennent de conclure un pacte de non-agression avec l’Allemagne de Hitler. Ce pacte est secrètement accompagné d’un protocole permettant à l’URSS de s’emparer d’une partie du territoire de la Pologne. Hitler sait placer ses pions et sait jouer des intérêts de ses rivaux et potentiels ennemis.

Désormais, c’est une prise de conscience générale et brutale. La guerre est inévitable. A nouveau, il y aura des peurs, des morts et des pleurs. Dès le lendemain, le jeudi 24 août, le Gouvernement français dirigé par Edouard Daladier, décrète la mobilisation partielle. Tout s’accélère brutalement.

Deux jours plus tard, la France avertie une nouvelle fois l’Allemagne. Comme le Royaume-Uni, elle tiendra ses engagements envers la Pologne. Mais rien ne semble inquiéter le Chancelier. Sûr de lui, il adresse par radio un ultimatum au gouvernement polonais dans lequel il exige le rattachement de Dantzig au Reich ainsi que l’organisation d’un plébiscite pour décider du rattachement, ou non du pays entier.

De son côté, et sur ordre de Hitler, Himmler, monte de toutes pièces, une attaque polonaise contre un émetteur radio allemand, situé à la frontière des deux pays.

L’été n’est pas terminé, il parait pourtant déjà loin. L’Europe est au bord d’un gouffre sans fond.

 

Et puis la France déclare la guerre à l’Allemagne

La machine administrative se met en marche. Ce samedi 2 septembre 1939, les français découvrent les affiches aux deux drapeaux tricolores entrecroisés qui dominent « l’ordre de mobilisation générale ». Placardées sur les murs des villes et des villages, devant elles, se forment de petits groupes souvent silencieux. Il n’y a point d’enthousiasme, pour autant, point de fatalité et de défaitisme non plus.

Les plus âgés se souviennent de la grande guerre, les « gueules cassées » sont encore visibles  alors même que des femmes, endeuillées de cette même période, s’habillent encore de vêtements noirs. Les plus jeunes ne réalisent pas vraiment, pourtant, c’est eux qui formeront le plus gros des troupes. L’ampleur de la mobilisation est gigantesque et en perturbe, à juste titre, plus d’un.

Les détenteurs des fascicules de mobilisation 1, 2 et 3, les rappelés, les réservistes, officiers, sous-officiers et hommes de troupes se pressent vers les centres mobilisateurs. Au total, 2 700 000 hommes se retrouvent aux armées, 2 300 000 autres restent en réserve, en arrière du front. Soit environ un huitième de la population active qui est ainsi mobilisée. Ces hommes convergent vers les gares dans une confusion relative due à l’ampleur de la mobilisation.

La veille, le 1er septembre 1939, Hitler a attaqué la Pologne sans déclaration de guerre. Une quantité impressionnante de chars, accompagnés de l’aviation et de l’infanterie submergent et déstabilisent le pays tout entier. Les généraux allemands mettent en exécution le principe de la « guerre éclaire ». La ligne rouge est franchie. La France et la Grande-Bretagne se préparent enfin à réagir.

 

La France mobilisée pour la guerre

ordre de mobilisation suite à la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne

La mobilisation générale ne concerne pas uniquement les hommes. En effet, et comme le précisent les affiches, les animaux, véhicules, moyens d’attelage, aéronerfs, navires d’embarcations et engins de manutentions peuvent aussi être réquisitionnés.

(Cliquez sur l’affiche pour agrandir)

« Nous répondons à chaque bombe par une autre bombe »

Discours Hitler le 1er Septembre 1939

Le 1er septembre 1939, peu avant 10h00, Hitler prononce un discours au Reichstag dans lequel il expose les raisons de son attaque contre la Pologne. Selon lui, les forces allemandes ne font que riposter à une attaque polonaise. En réalité, il le sait très bien, cette « attaque » est totalement inventée.

Le discours de Hitler, le 1er septembre 1939, pour justifier l’attaque de la Pologne.

Et puis sonne le début de la « Drôle de guerre »

1939 – 1940 : Drôle de guerre | ARTE

Le récit, au jour le jour et de l’intérieur, des mois d’incertitude qui ont précédé le déclenchement de la grande offensive hitlérienne sur l’Europe occidentale.

 

A propos de l’auteur de ce site…

De toute ma vie, je n’ai que peu de regrets, sinon celui de ne m’être interessé trop tardivement à cette incroyable période de notre histoire qu’est la Seconde Guerre mondiale.

Pour être honnête, je ne me souviens pas vraiment des cours sur cette période au collège. Non, je crois que c’est dans un premier temps le cinéma qui m’a transmis cette passion qui déjà, ne demande qu’à grandir.

Alors j’ai commencé à lire un livre et puis rapidement, des livres. J’ai fouillé dans les archives municipales et départementales. J’ai visité des lieux aujourd’hui devenus historiques. J’ai questionné à de nombreuses reprises mon entourage, ma famille. Mais la vie est ainsi faite et j’ai déjà laissé partir mes arrières grands-parents, témoins directs de ce lourd passé.

Aujourd’hui encore, lorsque je suis avec mes grands-parents, c’est plus fort que moi : « Et pépé il était où ? Et pépé il faisait quoi ? » Tout cela m’est tellement captivant.

J’ai souvent entendu dire que Hitler, les nazis, la guerre, appartiennent à un lointain passé de notre histoire. Pourtant, pour moi, c’était hier. Et pendant que certains cherchent à effacer notre passé, notre histoire, je me pose la question suivante : « Effacer ne serait-il pas prendre le risque de recommencer ? »

Je ne suis pas expert, encore moins un historien. Mais j’ai décidé d’écrire pour raconter, certes, ce que l’on sait certainement déjà, mais surtout pour comprendre, ne pas oublier et transmettre l’héritage fort que nous avons tous reçu de cette sombre période.

Matthieu Mugneret

Auteur de Fortitude WW2

Tous les évènements de la Seconde Guerre mondiale en France par années ↓

Ressources :

Toutes les photographies présentent sur cette page proviennent de Wikipedia.

La video des français en vacances, en 1939, a été crée par Jean Gérard, membre du club photo Entre-Nous fondé en 1933. Vous pouvez la retrouver en intégralité en cliquant sur le lien.

Le discours radiodiffusé de Edouard Daladier du 21 septembre 1939, provient de la video youtude de ArchivesRadio.

La video qui présente l’appel à la mobilisation générale provient du reportage Arte, disponible plus haut.

FORTITUDE WW2

Responsable de publication : Matthieu MUGNERET

fortitudeww2@gmail.com

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